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Les rêves ouvrent la voie, cachée dans les sous-bois ...
 

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 Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]

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Chien mort
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MessageSujet: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Lun 9 Avr - 16:56

Griffe Ensanglantée prenait son mal en patience depuis bien trop longtemps. Ses babines dévoilèrent ses crocs tranchants associés à une posture agressive qui trahissait son agacement. Il ne doutait pas de sa victoire, rien de lui résistait de tout façon. Mais si ces saletés de rongeurs pouvaient accélérer un peu leurs tendances suicidaires, il ne dirait pas non ... Il connaissait les écureuils depuis longtemps maintenant, sa première expérience en la matière remontant à l'extinction du Clan des Fougères. Juste une bande d'inexpérimentés, se remémora le canidé avec un rictus mauvais. Non, ce Clan n'avait vraiment posé aucune difficulté. Ils étaient juste des débutants ! Aujourd'hui, déjà ils étaient quatre Clans, mais ils avaient sûrement eu vent des manières employées par sa Meute du Sang pour exterminer les écureuils ... Mais ne savaient pas pour autant les contrer ! Le chien rit bruyamment, avec une cruauté mesquine. Il savait que, poussés par la faim, les rongeurs finiraient pas sortir de leur abri et par se jeter entre ses pattes. Il n'aurait qu'à allonger ses griffes de fer pour cueillir sa récompense pour l'acharnement qui lui avait valu la possession exclusive de la "Forêt Ancestrale". Il devait reconnaître que cela ne s'était pas entièrement fait sans mal. Mais ce n'étaient pas les boules de poils qui lui arrivaient même pas à la cheville qui lui avaient posé problème. Il gardait en revanche un souvenir assez vif d'un certain affrontement avec un certain Alaska, au cours duquel il avait cru sa dernière heure arrivée. Mais le chiot errant n'avait pas eu le courage de l'achever et l'avait laissé pour mort ... Sauf que Griffe Ensanglanté avait une capacité de récupération bien supérieure à la moyenne et apprenait vite. Surtout que ses adversaires ne méritaient pas de vivre s'ils étaient un danger pour lui. Dès son retour, il avait envoyé une patrouille à la chasse du chien qui l'avait offensé. Le retour des trois canidés qu'il avait orienté vers la trace du solitaire, le ventre gonflé et le pelage plein de sang, avait dessiné un grand sourire sur le visage du chef. Pfff ... Quel stupide Alaska. Et dire qu'il avait cru qu'il s’en tirerait comme ça ! "Mais qui me cherche me trouve !", murmura le grand chien avec une haine mêlé de plaisir. Il était le roi de la forêt dorénavant. Tout les autres canidés de la Meute du Sang étaient à ses ordres. Griffe Ensanglantée ne se leurrait pas cependant. Il savait que le moindre signe de faiblesse de sa part entraînerait son abandon et sa place prise par d'autres chefs qui la convoitaient depuis longtemps. La loyauté ou la pitié n'existait pas ici. "Ce n'est bon que pour les écureuil, ça !", grimaça-t-il. En fait, de l'extérieur, sa position avait l'air parfaite. Chef, sinon respecté, au moins obéit, roi de la forêt ancestrale; il s'était d'ailleurs auto-couronné, en phase de venir à bout de l'invasion de vermine écureuil ... Oui, mais en phase seulement. Le chien grogna férocement. Oui, la seule chose qu'il ne maitrisait pas restait ses pensées, et elles avaient tendance à l'entraîner sur le mauvais penchant, sur des souvenirs qu'il aurait préféré oublier ...

- Saleté de prophétie, maugréa-t-il entre ses dents aiguisées serrées.

Il ne pouvait pas se douter qu'il n'était pas le seul à penser cela à propos que cette ignoble prophétie. Elle était aussi celle qui avait détruit la vie de Lune de Miel et sa famille ... Et, une fois n'étant pas coutume, le chien et l'écureuil haïssaient la même chose de la même façon et avec la même force. Ils n'avaient pas la même histoire, mais se ressemblaient plus que leur apparence ne le laissait penser. Griffe Ensanglantée grinça des dents et les serra encore plus, au risque de les briser en mille morceaux. Non ! Mais pourquoi ses pensées ne disparaissaient-elles pas !? Labourant le sol meuble de ses griffes trop longues, le chien sentit que son esprit empruntait un chemin qu'il avait tout fait pour oublier ... D'un bond puissant, il sauta par dessus ses compagnons de Meute éparpillés au sol en train de somnoler. Il devait faire quelque chose pour s'occuper, ne pas écouter ce qui était en train de se rappeler à sa mémoire ... Il courait dans les bois, sentant ses muscles se tendre et se détendre avec un ensemble et une harmonie parfaite ... Harmonie ...

- NON !

Son rugissement terrifiant l'apparentait à ses lointains ancêtres, il s'ensuivit un long hurlement à faire froid dans le dos. Il était déjà si loin que probablement personne ne l'avait entendu. Tant mieux. Il avait besoin d'isolement pour éliminer ses pensées négatives ... Mais le mot revint le hanter avec insolence, fantôme dans cet esprit que toute humanité avait déserté depuis longtemps. Trop longtemps pour le faire revenir ... Mais le mot perfide tournait en boucle, Harmonie, Harmonie, Harmonie. Stop ! Ne pouvait-il pas le laisser en paix ! Tout cela était fini, bien fini, cela faisait des dizaines et des dizaines de lunes que c'était fini ! Et soudain, le fantôme se matérialisa devant ses yeux ... Une silhouette fine, petite, une boule de poils craquante ... Un écureuil. Le souffle court, Griffe Ensanglantée voyait déjà ses flans se soulever au rythme de sa respiration trop rapide. Non ... Ce n'était pas possible ... NON ! Il ne voulait pas la voir.

* - Alors, tu es content de toi, roi de la forêt ? *

Le ton ironique et joyeux ne lui rappelait que trop bien la créature à laquelle cette voix avait appartenu. Il avait essayé de l'oublier, mais elle avait guidé ses actes, il ne le savait que trop bien. Ah ! Mais pourquoi revenait-elle le hanter maintenant, alors qu'il était sur le point de terminer son travail !? Il était bien trop tard, elle devait le savoir ! Cela ne l'empêcha pas de murmurer le nom qu'il n'avait jamais espéré pouvoir prononcer à nouveau.

- Harmonie ...

La douleur de la prononciation de ce simple mot le terrassa. Incapable de lutter désormais, il fut transporté à travers ses souvenirs ... Ce jour-là, il avait encore passé l'après-midi avec Harmonie. La jeune écureuil était la meilleure amie du chiot noir et blanc. Ensemble, ils passaient leur temps à faire les quatre-cent coups. Il se souvenait que cet après-midi-là, le soleil avait brillé de façon tellement insistante que le soir les avait empli d'un sentiment de soulagement, même au moment de se quitter. Lorsque Griffe Ensanglantée était retourné auprès de sa mère, il ne pouvait pas se douter que les instants passés en compagnie de l'écureuil étaient comptés. C'est cette nuit-là qu'il la vit pour la dernière fois. Alors que la lune nimbait son pelage d'argent, elle s'était introduite dans le jardin où ils se retrouvaient d'habitude, et l'avait appelé. Il avait toujours eut le sommeil léger et, étonné de cette intrusion nocturne, s'était approché de son amie. Ah, au souvenir de cette nuit terrible, son pelage se hérissait encore sur sa peau salie par le sang des cadavres. Harmonie lui avait alors révélé la terrible prophétie, lui glissant par la même occasion qu'elle avait quelques dons de voyance. Un jour, une écureuil rousse, fille de chef, voudrait la mort du chien car il serait devenu un monstre. Et s'il ne la tuait pas d'abord, elle parviendrait à ses fins. Cette révélation étonna le jeune chiot noir, il avait toujours été poli et respectueux avec les écureuils. Ils se quittèrent sous la lune, Griffe Ensanglantée dans ses pensées, et la belle Harmonie le regarda avec tendresse, lui murmurant des adieux silencieux. Elle mourut au petit matin, assassinée par un groupe d'écureuil rival à sa famille. Lorsqu'il apprit la nouvelle, le chiot devint fou. Lui qui n'avait jamais supporté ses compagnons chiens rassembla un groupe pour venger son amie disparue. "Je te vengerai", avait-il hurlé. Et à partir de ce moment, il avait fait la chasse aux rongeurs. Il s'était même emparé de la Meute du Sang, la détournant pour servir ses intérêts. Il avait même réussi à inculquer une haine féroce à tous les chiens qui la composait pour les écureuils. Il avait vengé son amie, et continuait de le faire ! La prophétie avait commencé à se réaliser : il était progressivement devenu un monstre. La haine avait fini par l'envahir jusqu'à ce qu'il en oublie même la raison. Mais le fantôme était venu le lui rappeler ... Non, Harmonie ... Le chien ouvrit les yeux et découvrit avec stupeur qu'il était de nouveau devant la Grotte de la Lune, enfin dos à la grotte plus exactement. Il était seul, ses canidés étaient affalés un peu plus loin. L'entrée de la caverne n'était plus surveillée. Devant lui, sur la colline, quatre écureuils. Dont une qui courait vers lui à la vitesse de la lumière. Rousse ... Il lui était temps de faire face à son destin. La prophétie devait encore se réaliser ... Et l'écureuil était rousse ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Mar 10 Avr - 19:50

Feuille de Menthe se retourna un instant vers Noisette du Crépuscule pour lui jeter un ultime coup d’œil. L'apprenti avait l'air paniqué. Mais intérieurement, la guérisseuse savait qu'il ne s'inquiétait pas pour Perle Ambrée. Non. A présent, elle sentait cela : l'écureuil gris et brun s'inquiétait, mais pour lui. Et dans un éclair de lucidité, l'écureuil beige comprit qu'il allait mourir. Et qu'elle ne pouvait rien y faire, c'était écrit dans les étoiles. Certes, l'écureuil du Clan des Nuages avait toujours été douée, même surdouée peut-être, mais à présent elle sentait qu'elle venait de recevoir un nouveau don. Et c'est seulement à cet instant qu'elle comprit que le Clan de la Lune avait retrouvé assez de puissance pour lui offrir les talents de guérisseur. Jusqu'à présent, l'écureuil n'avait eu de guérisseuse que le nom puisqu'elle n'avait jamais prit part à une quelconque formation sérieuse. Et apparemment, le Clan de ses ancêtres ne l'avait pas encore reconnue comme telle. Feuille de Menthe ne s'en était pas rendu compte, comment se rendre compte de l'absence de quelque chose dont on ignore l'existence ? Mais là, perchée en haut de la colline surplombant la Grotte de la Lune, elle se sentait différente. Plus complète, si cela était possible. Elle comprenait maintenant qu'il lui avait toujours manqué un petit quelque chose, et que ce trou venait de se combler avec l'apparition de son don. Elle voyait, enfin elle sentait plutôt, que Noisette du Crépuscule allait être tué pendant la bataille. Elle ne l'empêcherait pas d'y aller cependant, elle était bien placée pour savoir que le destin est plus fort que tout. Et c'était là le destin de l'écureuil.

- Et moi, quel est mon destin ?, chuchota-t-elle si doucement que personne ne l'entendit, tout en levant la tête vers le ciel menaçant.

Un orage s'annonçait, la tension était sensible. Le gris foncé des nuages virait au noir, et l'électricité se sentait jusque dans les brins d'herbes sauvages qui ondulaient au rythme de la brise légère. Tout autour d'elle, Feuille de Menthe pouvait distinguer cet océan de verdure, seulement troublé par les silhouettes avachies des membres de la Meute du Sang. D'ailleurs, ils semblaient s'être éloignés de l'entrée où ils se trouvaient auparavant, à en croire le témoignage de Pupille Obscure. La guérisseuse ne regarda pas le solitaire. Comme toujours, il la mettait dans une sorte de malaise étrange et inexplicable. A lieu de cela, l'écureuil beige jeta un bref coup d’œil au ciel qui s'assombrissait encore plus. Pourtant, la membre du Clan des Nuages n'y vit pas un mauvais présage ou un avertissement du mécontentement du Clan de ses ancêtres. Ils avaient disparu pendant trop longtemps pour revenir du jour au lendemain disperser leurs signes et prophéties mystérieux. Et pourtant, ils avaient eu la force de lui confier ce don si précieux ... Et elle leur en était infiniment reconnaissante. Oui, ce nouveau sens était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis bien trop longtemps. Et elle sentait déjà qu'elle n'allait pas tarder à en avoir besoin ... Détachant ses yeux brillants du paysage autour d'elle, elle reposa son regard sur son amie qui s'élançait à toute vitesse, plus déterminée que jamais. Ses pattes rousses touchaient à peine le sol, on aurait dit qu'elle volait, qu'elle était portée par le vent comme un pétale de fleur. Tous les mouvements et observations de la guérisseuse n'avaient duré qu'un instant, mais le temps lui paraissait s'étirer en longueur tant elle avait peur de ce qui pouvait arriver à la lieutenante du Clan du Sable. Feuille de Menthe avait tellement hâte que tout soit fini ! Mais elle avait conscience que tout n'était pas gagné, loin de là. Une nouvelle fois, son cœur fit un bond désordonné dans sa poitrine et elle frissonna. Malheureusement, ce n'était pas dû au vent perfide qui s'était levé qui assister à l'évènement et qui ébouriffait son beau pelage beige, tout en lui soufflant :

* - Pourquoi l'as-tu laissé partir ? ... C'était à toi de tester ton remède ... Et s'il ne fonctionnait pas ? ... *

La guérisseuse secoua la tête. Ce n'était pas le moment de douter ! Il était bien trop tard pour revenir sur sa décision. Et puis, elle le savait, elle n'aurait jamais pu convaincre la jeune écureuil rousse. Non, Perle Ambrée était bien trop fière de courir à la mort ... L'écureuil beige fit jouer ses griffes sur le sol meuble, gênée. Elle ne devait pas pas penser cela, sinon son amie ne survivrait pas. Il fallait qu'elle croit encore que la puissance des feuilles de la ville empêcherait la lieutenante d'être blessée grièvement. Mais il lui fallait être mordue par un chien pour que la plante fasse - ou non - effet. C'était d'ailleurs pour cette raison que Perle Ambrée l'avait convaincue de rester ici à attendre qu'elle se fasse dévorer. L'écureuil beige aurait besoin d'une guérisseuse ... Mais Feuille de Menthe avait conscience qu'une seule morsure pouvait être fatale à sa meilleure amie. La Meute du Sang était si puissante ... Quelques simples feuilles pourraient-elles la vaincre ? Là était toute la question ...

* - Pas de simples feuilles, mais des Feuilles de Platanes, Feuille de Menthe. *


Fermant les yeux, la guérisseuse essaya de retrouver à qui appartenait cette voix. Mais ... C'était Aurore Boréale ! Elle rouvrit les yeux d'un coup. Et la guerrière ... Elle appartenait au Clan de la Lune ! Le Clan de la Lune était de retour !!! Tout d'un coup, l'écureuil eu envie de crier sa joie dans le vent. Une douce chaleur se répandit dans son corps, apaisant au passage son cœur affolé. Leurs ancêtres veillaient sur eux, ils avaient confiance en eux ! Tant que la guérisseuse y croyait, tout se passerait bien. Oui, tout allait bien se passer, Perle Ambrée dévalait déjà les dernières longueurs de queue de la pente, fonçant droit sur le chef de la Meute. Déjà, les canidés se relevait. Étouffant un cri de surprise et un sursaut, la jeune écureuil détailla leurs muscles roulant sans peine sous leurs épaules lorsqu'ils se levèrent, et elle les compara aux silhouettes fondues des écureuils. Elle avait oublié que les Chiens étaient si impressionnants ! Et encore, elle était loin d'eux ... Elle surveilla anxieusement les réactions de son amie, mais celle-ci ne sembla réagir. La guérisseuse enviait presque le calme de la lieutenante. Sa détermination se sentait jusque dans les effluves qu'elle laissait derrière elle. Rien ne pouvait la faire dévier de son but. Le plan fonctionnait comme sur des roulettes, tout était parfait. Feuille de Menthe se détendit un instant et se permit un regard aux alentours. Nul menaces aux alentours, sinon le vent qui lui charriait des senteurs boisées et innocentes. Cependant, pas un seul bruit non plus. Les Chiens avaient fait fuir chaque animal de la Forêt Ancestrale, et le chant des oiseaux ne venait plus chatouiller les oreilles de l'écureuil. Le silence était profond ... Trop profond. Brusquement, un éclair zébra l'horizon avec une rare intensité. Le blanc fut éclatant, et tout d'un coup le ciel fut d'un noir d'encre. Éblouie, la rongeure ne distinguait plus rien. Puis la nuit leva son voile de deuil. La lune, pleine comme un estomac trop rempli, pesait et éclairait la scène sans la majesté qui lui était coutumière. Lorsque le tonnerre gronda, presque aussitôt, et que la foudre frappa juste devant elle, Feuille de Menthe bondit en avant. Les autres la suivaient-elle ? Elle ne le savait pas. Le Clan de la Lune était de retour, voilà ce qu'elle savait, et il n'était pas content. Elle courrait de toute la force de ses pattes trop fatiguées. Son souffle lui paraissait faire autant de bruit que le tonnerre qui grondait toujours à ses oreilles. La foudre avait frappée la Grotte de la Lune. Et soudain, une silhouette jaillit de la Grotte de la Lune. C'est alors que Feuille de Menthe comprit que quelque chose avait glissé dans les rouages parfaits de son plan et menaçait de tout détruire. "Non ! Cela ne devait pas se passer comme ça !" Mais la plainte de la jeune guérisseuse fut noyée par le tambourinement de la pluie diluvienne qui s’abattit sur la Forêt Ancestrale, avec une violence inouïe.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Lun 23 Avr - 14:47

- Boum boum boum ...

Le cœur de Grand Timoré battait tellement fort que toute l'assemblée devait l'entendre. Et pourtant il passait inaperçu, comme s'il était transparent dans ce monde de couleurs vives.

- Boum boum boum boum ...

Allait-il un jour se calmer, cela faisait maintenant quelques minutes que son rythme s'accélérait. Il était tout simplement incapable de le ralentir. Et l'anxiété suivait exactement le même tempo, quoi de plus normal, les deux phénomènes étaient autant liés que peuvent l'être deux écureuils jumeaux.

- Boum boum boum boum boum ...

C'était intenable. Comment de temps allait-il encore devoir subir cette montée en puissance, il n'était rien face à son cœur, il le savait. Mais allait-il finir par l'épargner, car c'était toujours le corps et le cerveau du petit écureuil qui souffraient d'être sous l'influence de ce fauteur de trouble. Son cœur se sentait absolument tout permis ... Cependant, Gland Timoré avait appris à le connaître, s'il s’agitait comme en ce moment précis, c'était qu'un danger se présentait comme imminent.

- Boum boum boum boum boum boum ...

En plus de ce battement incessant et terriblement bruyant, il se sentait écrasé par le poids de l'anxiété qui semblait vouloir s'attarder sur tous les recoins de son corps. Il s'en sentait prisonnier, et le pire était l'ignorance de la raison de la geôlière. Pourquoi lui comprimait-elle le cœur au point de le faire hurler ? Gland Timoré se trouvait perdu dans ces suppositions, seules des idées contradictoires lui venaient à l’esprit. Il avait beau vouloir à tout prix se débarrasser de toute cette intelligence superflue, lorsqu'elle lui faisait défaut, il la regrettait énormément. Cette anxiété venait-elle d'un être proche, ou de toute la population autour de lui ? L'hypersensibilité, elle aussi il aurait aimé s'en débarrasser, pourquoi devait-il ressentir ses émotions en mille fois trop fort, alors que ses véritables armes ne semblaient que frôler les autres écureuils ? Et cette imposante hypersensibilité lui faisait pleurer de douleur les vivants, les morts, les écureuils qu'il avait connus et ceux qu'il n'aurait pas pu apercevoir. Cette façon qu'elle avait de projeter l'esprit de sa victime dans celle d'une victime de la vie était tout simplement le plus douloureux de tous les coups qu'il connaissait. Car ces choses que les gens pouvait ressentir s'ils y faisaient un peu plus attention étaient d'une violence si rare qu'il en devenait fou sur l'instant. Ce jour là, depuis quelques minutes, c'était une anxiété digne de l'approche d'une guerre qui le broyait, et si cette guerre avait lieu, qu'elle soit entre deux écureuils ou entre tous les êtres vivants qui peuplaient cette planète, il n'était pas sûr d'y survivre. L'électricité se faisait de plus en plus crépitante, l'air de plus en plus lourd et à tout moment, une bombe pouvait exploser. Une bombe allait exploser !


Dernière édition par Gland Timoré le Lun 29 Oct - 18:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Lun 21 Mai - 20:16

Lune de Miel se releva d'un bond fougueux et fit demi-tour avec une vigueur nouvelle. Son sang affluait dans ses veines avec une force qu'elle ne connaissait pas jusque-là. D'un coup de rein puissant elle vola vers l'ouverture qui se profilait à l'horizon. Son cœur battait avec la force du tonnerre qui grondait et dont l'écho vibrait longtemps dans la Grotte de la Lune. Au même instant, un éclair la percuta comme un coup de poing, et la chef s'écroula au sol. La souffrance s'invita sans demander la permission. Il n'y avait plus rien autour d'elle, si ce n'était un blanc éclatant qui fouettait ses sens, sans pitié. Mais le temps n'était pas à la douleur et, prenant exemple sur les membres du Clan du Sable, la rongeur rousse ferma son esprit aux signaux qu'envoyait son corps souffrant. L'écureuil se leva avec violence, ignorant les cailloux qui tombaient tout autour d'elle et lui déchiraient la peau. Elle ne prit pas le temps de reprendre ses esprits, bondit à nouveau, vacilla. Mais l'adrénaline gonflait sa puissance et un instant plus tard la chef avait à nouveau la tête haute. Sans un regard derrière elle, elle dépassa l'entrée et sentit enfin l'herbe humide sous ses pattes meurtries. Lorsque Lune de Miel quitta le carcan de pierre au dessus d'elle, la pluie s'invita à la fête. En un instant, un torrent céleste noya la meneuse. Mais elle n'y prêtait pas même attention. Son regard était focalisé par les silhouettes floues qui semblaient voler telles à des fantômes dans les trombes de l'averse ou à des écueils dans un océan déchaîné. Larme du Destin avait de l'avance sur elle, il avait évité l'avalanche de pierre. Mais Lune de Miel puisait ses forces dans la terre qu'elle labourait de ses griffes dures comme du diamant. Elle était un nouvel Antée, et rien ne pouvait l'atteindre. Ses muscles tendus à se rompre la portaient plus loin, toujours plus loin. Elle rattrapait petit à petit celui qu'elle avait tant aimé, et qu'elle aimait toujours plus que tout. Et l'éloignement n'avait fait qu'aviver le feu qu'elle portait au cœur. La mer coulait du ciel et menaçait d'inonder tous les terrains, mais elle ne pouvait pas éteindre cet amour infini. La rouquine n'eut aucune pensée pour les marécages qui risquaient de se transformer en fleuve ni pour ce qui restait des territoires de son Clan. Le brouillard s'approcha à son tour, mais les yeux de Lune de Miel n'avaient plus besoin de voir, elle sentait la direction à prendre à l'instar des membres du Clan des Nuages. La pluie ne la dérangea que lorsque la terre se changea en boue. Mais comme une flèche vibrante décochée par un arc, Lune de Miel était lancée et au prix de plus d'efforts, elle maintint sa vitesse. Mais le sable était écoulé dans le sablier ... Malgré tout ce que la chef faisait, elle était trop loin pour ne pas assister au spectacle qu'en tant que spectatrice. La terre fumait en réaction à l'agression divine, les odeurs de forêt mouillée volaient dans l'air. Si Lune de Miel avait humé le vent, elle aurait pu identifier les fragrances boisées et les odeurs canines. Si elle avait pris le temps de toucher le sol, elle aurait sentit la mousse spongieuse et fournie. Si elle avait goûté les noisettes humides, elle leur aurait trouvé un goût plus prononcé que d'ordinaire. Si elle avait tendu l'oreille, elle aurait entendu la brise se moquer d'elle et la doubler sans effort. Enfin, si elle s'était retourné dans son élan, elle aurait put tenter d'apercevoir une Grotte tout différente à celle qu'elle avait connue à travers l'orage. Cependant la chef avait bien trop à faire pour se distraire. Telle David contre Goliath, elle tendait de défier quelque chose qui n'était pas à sa mesure : c'était le temps. Oui, car le temps était son ennemi. Elle se battait non pas contre les éléments qui se déchaînaient mais contre la vitesse du temps qui passait. Car Lune de Miel avait conscience que son seul amour avait besoin de son aide, seul ou presque contre la Meute. Jusqu'alors, elle avait toujours cru que son Clan était tout pour elle, mais maintenant elle savait qu'elle s'était menti durant tout ce temps. Elle allongea encore ses foulées, s'envola presque au dessus du sol. Mais les spectateurs invisibles de la scène savaient qu'elle n'arriverait jamais à temps ... Le ciel ralentit progressivement ses larmes autour de la meneuse, tout l'horizon lui fut soudain limpide. A ses côtés, le brouillard, le vent, la boue, la pluie, observaient attentivement, tout en déchaînant leur puissance en dehors de la bulle de vie de la meneuse. Et soudain tout s'enchaîna. Lune de Miel vit, impuissante, Griffe Ensanglantée se dresser d'un bond et montrer ses crocs énormes face à la fragile créature qui courait à lui - et donc à sa perte. Perle Ambrée était belle et noble dans son sacrifice, elle avançait vers la mort sans regrets ni remords. Lune de Miel sentit une bouffé de fierté l'envahir : c'était elle, elle l'avait retrouvée, et si magnifique que même la pluie qui la cinglait ne ternissait pas sa beauté. Mais elle n'était qu'un bourgeon à peine éclos à côté de son père, grand et fort comme un rosier que les fleurs venaient adoucir. Et Larme du Destin filait devant, à l'opposé de la lieutenante, dirigé par son instinct qui lui soufflait que sa fille était en danger. Il n'était plus qu'à trois bonds de là où se tenait le chef de la Meute du Sang. Plus que deux ... Et le guerrier bondit. Malgré la vitesse de son saut, Lune de Miel eut tout le temps de détailler ses muscles puissants qui tremblaient et vibraient comme les cordes d'un violoncelle, pour le pousser plus haut et plus loin. Jamais il ne lui paru aussi héroïque que ce jour-là, sacrifiant sa vie pour celle de sa fille, ni aussi gracieux que durant ce bond extraordinaire qui avait fait cesser le cœur de la chef et le temps d'un même mouvement. Son pelage gris luisait de toute l'eau qui glissait sur lui et les rayons passant à travers la brume le colorait de doux petits reflets argentés. Le vent ébouriffait son pelage et faisait ressortir la longueur de ses poils soyeux, où même la boue ne trouvait pas d'attache. Le cœur de la meneuse reprit ses battements de manière désordonnée. Elle tremblait de l'intérieur, il lui semblait si beau, si puissant ... et pourtant si vulnérable ! Il était si unique, d'une telle beauté charmeuse qu'il éclipsait même la lune qui se levait à présent sans que nul ne la remarqua. Jamais un guerrier ne montra plus de courage que lorsque Larme du Destin s'élança vers le monstre, la tête haute et tout entier dans la noblesse de son sacrifice. Non, vraiment, Lune de Miel ne pouvait pas trouver de concurrent à ce héros extraordinaire. Et de plus il était si doux, si attentionné et aimable, serviable au possible tout en restant grand seigneur ! Comment avait-elle pu le quitter, comment la lâcheté de le laisser lui était-elle venue !? Une bourrasque siffla soudain, Larme du Destin se jeta à corps perdu sur l'énorme canidé. La bataille faisait rage, Lune de Miel ne distinguait qu'un amas de fourrure grise et noire à l'endroit où auraient dû se trouver les deux ennemis. Et soudain, elle vit les crocs du chien s'enfoncer dans le pelage de son compagnon d'autrefois. Une épaisse rivière pourpre coula le long des mâchoires de la bête cruelle. Lune de Miel se figea, pétrifiée. Elle n'était plus qu'à trois bonds de la scène, mais ne pouvait plus faire un geste. De solitaire qu'elle avait été, elle semblait en avoir gardé la patience, mais elle se débattit pour tenter d'échapper à cette emprise qui l'empêchait de faire un geste. Tout à coup, un vide s'empara d'elle, elle n'était plus qu'une enveloppe décharnée qu'une simple houle maintenait encore en vie. Soudain, la souffrance monta tout au long de son corps avec la violence d'un raz-de-marée. Elle étouffa un cri de douleur désespérée. Nul écureuil ne lui avait jamais fait éprouver la férocité des émotions qui la submergèrent tout à coup. Comme avec un barrage qui cède, le flot de sentiments s'engouffra dans son cœur et leur agressivité le bouscula. La force de cet océan de ressentis réprimés le fit s'infiltrer jusque dans la moindre parcelle de son corps. Lune de Miel ne pouvait plus échapper à la douleur. Celle-ci n'était plus physique, elle était mentale, et la meneuse ne pouvait plus rien contre elle. De ses yeux perçants elle tenta de voir la bataille devant elle. Un éclair roux entremêlé avec un géant noir, ainsi qu'un tas argenté au sol, voilà tout ce qu'elle put voir à travers cette inondation interne. Et cette douleur qui la battait, la tourmentait, la malmenait, la plongeait et la ressortait de l'eau à sa guise alors que son souffle se faisait court ! Malgré toute la puissance que l'écureuil avait acquise comme un membre du Clan de la Source, elle ne pouvait supporter ce tourment qui battait à ses tempes. Il fallait que cela s'arrêta. Il fallait que tout s'arrête ! Ce n'était qu'un cauchemar ! Ce n'était pas possible !!!

- STOP !!! ARRÊTEZ !!!

Lune de Miel s'époumonait, son cri resta perdu dans un fracassement de tonnerre. Son cœur tanguait comme un voilier pris dans la tempête. Un tsunami déversait sa rage maritime au creux de son âme. La statue de son corps ne lui répondait plus. Elle était dure et extérieurement aussi insensible qu'un galet aux ricochets des évènements qui rebondissaient sur elle sans qu'elle ne puisse y participer. Mais elle reprit connaissance avec l'ondée qui recommença. La douleur amplifiait toujours dans un tourbillon de crescendo. La glace fondait pourtant et bientôt Lune de Miel sentit qu'elle était libre de ses mouvements, sinon de son cœur qui restait prisonnier comme un radeau dans les vagues d'écume. Mais voulait-elle seulement savoir ? Pas à pas, vacillant sous le liquide extérieur qui l'avait envahie à l'intérieur, la chef n'était plus qu'une créature aquatique naviguant à travers une mer tumultueuse. Autour d'elle, les flots tambourinaient sans relâche, ne lui laissant aucun répit. Et soudain Lune de Miel fut devant Larme du Destin, dans ce paysage d'apocalypse et fumant de fourrures canines et mouillées. Elle tomba à ses pieds comme un navire sombre, sans espoir de retour. Il était étendu à terre. Chavirée, Lune de Miel se noyait avec lui, son affliction ruisselait sur elle comme les gouttes de pluie qui tâchaient son pelage roux de deuil. Le cœur serré de peur bleue, la chef posa une patte hésitante sur le pelage de son amour. Ô miracle, il respirait ! Faiblement, mais il vivait ! Mais un saisissement s'empara de la meneuse au pelage lourd de toute l'eau accumulée en voyant la blessure profonde et sanglante dans le flan du guerrier. Comme un trou béant laissé par un obus, l'écureuil gris était gravement blessé. Ce fut comme une pointe de récif enfoncé en plein cœur de Lune de Miel. Non ! Non ! NON ! Lune de Miel sentit un déluge de pluie sentimentale s'abattre sur elle. Son cœur se serra et elle suffoqua de douleur. Soudain, le guerrier ouvrit faiblement ses paupières et se mit à parler d'une voix rendu roque par la souffrance. La rosée perlait sur le pelage argenté sous la lune. Le torrent s'arrêta un instant de couler, tout semblait pendu au lèvres du guerrier. Sentant son souffle fragile sur sa peau souffrante, Lune de Miel se pencha plus encore et regarda l'écureuil avec des yeux anxieux et terrifiés, mais toujours emplis d'amour.

* - Lune de Miel ... *

Tout l'amour du monde semblait être diffusé par ces paroles de détresse. Larme du Destin ne voulait pas l'abandonner comme elle l'avait fait, elle. Il se battait pour rester à ses côtés, pour qu'ils puissent se retrouver tous les deux, enfin. La chef le suppliait des yeux de se taire, de se reposer, de vivre surtout. Mais le guerrier ne l'écouta pas, et il reprit la parole. Il savait que sa vie sur terre était terminée.

* - Je vais mourir, mon amour ..., Lune de Miel voulut riposter, mais il posa sa queue touffue sur ses lèvres avec une infinie tendresse, Je t'aimais, je t'aime, et je t'aimerai toujours, ne l'oublie jamais ... *

Sa voix était à présent entrecoupée par la difficulté qu'il avait à parler. Mais le guerrier gris ne s'économisait guère, il savait que son temps était désormais révolu dans la Forêt Ancestrale. Paisiblement, il se tourna vers l'écureuil blanche et rousse située derrière Lune de Miel, dont celle-ci ne remarqua qu'à ce moment la présence.

* - Perle Ambrée ... Je suis ... ton père ... Je vous aime infiniment toutes les deux ... *

Et le guerrier ferma alors les yeux avec un soulagement visible, il avait vécu assez longtemps pour pouvoir révéler ce secret qui lui avait tant de fois brûlé les lèvres. Avec sérénité, il poussa son dernier souffle et détendit ses muscles épuisés par le combat meurtrier. Lune de Miel avait la gorge serré et les larmes dans ses yeux humides. Sa propre respiration sortait sifflante de sa gorge trop tendue par la souffrance infinie qui la submergeait. Elle sentit son radeau de cœur être attiré vers le fond marin sans espoir de survie. Les yeux embués, elle se détourna à la vue du corps inanimé à jamais. Seule sa douleur flottait encore sur les flots qui la bouleversaient. Et soudain, de ses grands yeux ouverts sous la souffrance, une larme se détacha doucement et roula le long de sa joue comme une dernière goutte de rosée avec le jour. C'était la larme du destin ... Et elle fut rejointe par d'autres, et tant d'autres, qui ne dénouaient pas la gorge de Lune de Miel. Elle avait tout perdu en croyant tout gagner, ou du moins tout sauver. Et les sanglots qui la secouaient ne pourraient pas l'aider à accepter cette douleur qui tétanisaient ses muscles et laissait glisser cette douce averse sur son pelage ... Et Lune de Miel pleurait son Larme du Destin, son Pelage Automnal ... Son seul et unique amour. De toute sa vie, il avait été celui qu'elle avait attendu, celui vers qui ses pensées se tournaient toujours, celui qui l'avait accueillit après son dégradant bannissement. Comme une source qui jamais ne tarie, cette douleur resterait ancrée à jamais. Pour survivre, la chef allait avoir besoin de tout le courage propre aux membres du Clan de l'Aube. Petit à petit, Lune de Miel prit conscience du cadavre de Griffe Ensanglantée à leurs côtés. Perle Ambrée l'avait donc vaincu ... Comment ? ... La chef ne savait pas, mais elle n'avait pas le cœur à se le demander. Et sous la lune pleine, ronde et luisante d'argent, au dessus des cadavres de l’honorable guerrier et du chien qui avait causé sa mort, ainsi que des silhouettes transies de la chef et la lieutenante, un arbre déplia ses feuilles fragiles, et ses bourgeons s'ouvrirent pour colorer la scène de fleurs pourpres.


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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Ven 1 Juin - 22:26

Perle Ambrée courait de toutes ses forces vers "la mort" qui l'attendait ... Mais c'était une fierté pour elle de sauver tout les clans de la Forêt Ancestrale. Elle survolait le sol, elle avait l'impression de voler en descendant la colline. Perle Ambrée se mit à penser à toute sa vie avant ce jour, car elle allait peut-être mourir. Mais elle n'avait pas peur de la mort, elle l’affronterait droit dans les yeux, pattes contre pattes si il le fallait. Sa pensée se tourna aussi vers Cœur Verglacé ... Si seulement il avait été là pour voir ce jour extraordinaire ! Pourtant elle n'avait jamais aimé cet écureuil assez égoïste ... Mais elle allait le revoir maintenant que les cauchemars allaient cesser. L'écureuil était impatiente de pouvoir lui raconter la rencontre de Pupille Obscure, ce solitaire si mystérieux ... Des images lui passaient en tête ... L’inondation de son cher Clan du Sable dont elle était maintenant Lieutenante, sa rencontre avec les membres des autres clans ... Feuille de Menthe ... Noisette du Crépuscule ... Et bien sûr, comment pouvait-elle oublier le jour de son baptême. ! Ou elle n'était même pas là d'ailleurs, elle était face à un serpent ... Mais Larme du Destin l'avait sauvé. Elle sauvait les Clans aussi pour pouvoir revoir toutes ces personnes qui lui avaient tellement manqué pendant ce long "voyage". Elle courait mais eut un moment d'hésitation :

* Si le plan de Feuille de Menthe ne marche pas, que vais-je faire ? Non, il ne faut pas y penser tout va bien se passer ... De toute façon je n'ai pas peur de la mort ! Je ne DOIS pas avoir peur de la mort ! *

Perle Ambrée avait de plus en plus confiance en elle, tout se passait comme prévu. Au dernier bond vers la plaine, un éclair foudroya la Grotte de Lune :

* Pourvu qu'il n'y ai pas de blessés ! *

Le ciel se noircit de plus en plus vite, le ciel était plus noir que le pelage de Pupille Obscure. Avant de s'élancer dans le moment où sa vie serait dans les mains du destin, elle se retourna pour vérifier que Feuille de Menthe, Noisette de Crépuscule ou Pupille Obscure n'avaient rien à signaler d'anormal. Rien, elle s’élança alors, détendit tous ses muscles. Le tonnerre éclata, les éclairs était de plus en plus fréquents, la pluie de plus en plus violente et forte. Il pleuvait des cordes mais elle était plus décidée que jamais, elle voulait montrer son courage. Elle était maintenant devant le chef du clan de la Meute, Griffe Ensanglanté, qui avait l'air vraiment très surpris de voir une toute petite écureuil devant lui. Un air malicieux se fit voir dans ses grands yeux de chien. Perle Ambrée ferma les yeux pour ne pas avoir de douleur psychologique ... Mais rien ? Elle rouvrit les yeux, et là elle vit un écureuil devant elle. Griffe Ensanglantée ouvrit sa grande gueule et prit ... Larme du Destin ? C'était bien Larme du Destin qui était devant Perle Ambrée, mais pourquoi ? Perle Ambrée était affolée, son ancien mentor n'était pas imprégné de feuille de Platane !

- NON !

Mais Larme du Destin était déjà allongé sur le sol boueux et d'herbe humide. Perle Ambrée se jeta à ses côtés, la blessure était profonde. L'écureuil rousse était perdue dans ses larmes mais elle cherchait désespérément Feuille de Menthe, elle avait besoin de la guérisseuse ! Mais la bataille avait été déclaré, tous les écureuils était contre les chiens. Impossible de trouver Feuille de Menthe. Elle aperçu Lune de Miel comme une statue au milieu de la bataille, pétrifiée ... Les larmes de Perle Ambrée étaient nombreuse, des larmes du destin, son chagrin était si horrible. Lune de Miel arriva près de Larme du Destin, ne voyant même pas Perle Ambrée. Larme du Destin respirait difficilement, c'était horrible de le voir dans cette état, son cher mentor. Il attira son attention, il parlait !

* - Lune de Miel ... Je vais mourir, mon amour ... Je t'aimais, je t'aime, et je t'aimerai toujours, ne n'oublie jamais ... *

Il était tourné vers Lune de Miel, un brouillard se forma dans la tête de Perle Ambrée, mais ce n'était pas le moment de poser des questions. Perle Ambrée fut très surprise car Larme du Destin se tourna vers elle.

* - Perle Ambrée ... Je suis ... ton père ... Je vous aime infiniment toutes les deux ... *

Perle Ambrée s’écroula sur le corps presque mort de son ... père ? Elle n'en croyait pas ses oreilles. Larme du Destin poussa son dernier soupir ... En même temps un éclair éclata, suivi d'un tonnerre aussi bruyant que son dernier soupir.

- NON ! Je t'en supplie !

Elle avait l'impression que le monde était en train de s'écrouler autour d'elle en une seconde. La douleur était la pire qu'elle eu connue !

- Larme du Destin bas-toi ! Je t'en supplie ! Pour nous !

Perle Ambrée savait bien qu'il était trop tard, mais c'était trop dur. Elle venait de perdre son mentor qui était en fait son père. Elle se retourna pour voir la bataille plus sanglante que jamais. Elle le savait elle s'en rappellerait toute sa vie, jusqu'à sa mort ... Elle ne savait plus quoi faire ... Elle venait de perdre son père et de deviner qui était sa mère. Lune de Miel devait être la mère de Perle Ambrée ... Elle regarda le corps du chef de la Meute écroulé par terre et plein de sang. Elle avait envie de le tuer encore plus qu'il ne l'était, tout ça à cause de cette bête !

* Si je pouvais le tuer encore plus, je le ferais jusqu'en enfer ! *

Elle jetait des regards noirs à Griffe Ensanglantée. Heureusement que ce maudit chien avait mordu Perle Ambrée et que grâce aux feuilles de Platanes il avait été empoisonné, il l'avait bien mérité !


Dernière édition par Perle Ambrée le Sam 2 Juin - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 2 Juin - 19:28

Gland de Polaire entendait les éclairs et le tonnerre qui se déchaînaient dehors, comme une mer qui faisait des vagues. Le ciel bouillonnait, menaçait d'éclater à chaque instant. Gland Polaire avait peur de l'orage, mais celui là était encore plus exceptionnel que d'habitude ! La pluie tapait contre les roches de la Grotte de la Lune. D'un seul coup un éclair zébra le ciel et fini sa trajectoire sur l'endroit où les écureuils étaient en "sécurité". Il eut des cris, la panique et la peur prenaient le dessus sur tous les écureuils. La troupe était devant les écureuils qui venaient d'être touchés par l'éclair qui venait de s’abattre sur la Grotte de la Lune. Mais il n'y avait plus de guérisseurs, Feuille de Menthe était partie à l'aventure ! Tout le monde cherchait un écureuil avec des petites bases ... Ouf ! Illusion Nocturne était un solitaire donc il avait bien eu besoin de se guérir tout seul . Il arriva mais il n'y avait pas de matériel pour les soigner, est-ce qu'ils allaient mourir ? Ça seul le destin pouvait le savoir, seul le destin pouvait TOUT savoir. Mais le passé aussi en savait des choses qui arrivaient des fois, dans un moment inattendu dans le destin. Des écureuils regardaient entre les roches de la Grotte. Gland Polaire essaya aussi mais elle ne voyait que les pattes de ces gros chiens qui gâchaient tout. L'excitation montait de plus en plus ... La panique, la peur de tous les moments qu'ils venaient de vivre remontaient à la surface prêt à faire une explosion. Ils voulaient mettre fin à cette vie qui durait, durait ! Maintenant cela suffisait ! De loin, Gland Polaire avait vu Larme du Destin courir si vite que l'on aurait dit un ressort. Gland Polaire se renseigna sur se qu'il se passait :

* - Perle Ambrée court vers les chiens mais elle va mourir !!! ... *

La nouvelle s'était vite répandue dans la Grotte de la Lune, maintenant toute les discussions ne parlaient plus que de ça !

* Perle Ambrée ... Mais qu'est ce qu'il lui prend ! Elle ne peut pas faire un sacrifice inutile, il y a forcément une tactique derrière ... Mais si Perle Ambrée est là, c'est que ma sœur est là aussi ! *

Des milliers de questions se posaient dans la tête de Gland Polaire, d’ailleurs il n'y avait pas qu"elle qui se posait des questions, mais aussi tous les autres écureuils. Elle aperçu Lune de Miel qui avait l'air mal en point, elle avait sûrement dû être touchée par l'éclair et elle avait sûrement refusé du repos, car elle savait que si elle ne se battait pas contre la douleurs elle serait une écureuil morte ... Larme du Destin avait dut entendre que Perle Ambrée courait vers les chiens pour bondir d'un coup comme cela.
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Devise : Ah les croco, ah les croco, ah les crocodiiiles, sont au bord du Nil ils sont partis n'en parlons plus !
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 2 Juin - 19:36

Croc de Sang vit le corps de Griffe Ensanglanté par terre, qu'est-ce qu'il était content !

- JE SUIS LE ROI DU MONDE !!!! HA HA HA HA HA !!

Une mouche se posa sur son nez et le réveilla :

* Encore ce rêve ! Je préfère le faire mille fois mais dans la réalité ! *

Tous les chiens attendaient qu'un tout petit écureuil fasse leur repas ... Il s'ennuyait, il était fatigué d'attendre ce qui ne venait pas ... Mais chaque chien savait bien que les écureuils n'allaient plus tenir longtemps. Ils allaient manquer de nourriture, d'eau ... Une odeur attira l'odorat de Croc de Sang et d'ailleurs pas que le sien. Une odeur d'écureuil flottait dans l'air ... Une femelle plus exactement ... Tous les chiens se regardaient en se disant que les écureuils étaient encore plus fous que ce qu'on pensait. La Meute se releva d'un coup, tous les chiens sur leur garde. Ils ne savaient pas le sort qui les attendaient ... Il vit une toute petite écureuil survoler la pente de la colline. On distinguait aussi au loin trois silhouettes d'écureuils mais leurs odeurs ne parvenaient pas au nez des chiens.

* Que peuvent-ils faire là ? Ils sont fous ces écureuils ! *

L'écureuil rousse volait, aucun chien n'avait vu un écureuil courir aussi vite pour mourir. Il y avait donc un plan derrière, mais le clan de la Meute n'en avait pas l'idée à moins que ... Croc de Sang s'approcha de Griffe Ensanglantée :

- Il y a forcément un plan derrière ! Ils ne sacrifieraient pas un écureuil pour notre repas ! On peut pas se jeter dans la gueule du loup !

Mais Griffe Ensanglantée lui fit signe de se taire sans l'écouter. Croc de Sang se demandait si son chef lui avait dit de se taire s'il le savait ou s'il l'ignorait, là était le problème ...
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Devise : Ce qui rend l'égalité difficile, c'est que nous la désirons seulement avec nos supérieurs.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 3 Juin - 13:51

Elle tremblait de tout son corps, et elle ne savait pas pour qui. La jeune écureuil si fragile avait tellement peur pour Noisette Déchainée qu'elle en oubliait sa propre douleur, maintenant sourde mais qui sévissait au creux de son ventre. Le stress, la panique et l'angoisse pouvait-il ronger à ce point un être vivant ? Comment était-il possible de passer d'un moment de joie si intense à un moment de peur incontrôlable ? Et puis pour quoi exactement avait-elle peur, ou plutôt, quelle était l'horreur qui en cet instant la terrorisait le plus, car il y avait de la matière pour avoir peur : les chiens étaient arrivés, avaient enfermés les écureuils, Noisette Déchainée s'était jeté dans la bataille, toute la Grotte s'est jetée dans la bataille ! Face à elle, du sang, quelques bouts de chair et des mouvements trop brusques pour y comprendre ne serait-ce qu'un appel à l'aide ou un infime signe de victoire. L'odeur aussi lui pétrifiait le corps, si contrastante avec les essences merveilleuses qui l'avaient envahie cette nuit. Mais comme d'habitude, ce fut un cri qui l’assomma le plus, et qui réveilla son corps plus violemment que possible. L'angoisse remonta d'un cran, son frère se faisait manger, dévorer par un des gros canidés. Sa voix surpassait tout, de l'orage qui faisait rage aux cris de guerre des combattants, elle portait toute le douleur que ressentait un enfant lorsqu'il perdait une jambe, un bras et une partie de la tête en état de conscience total.

* - Joyeux, Joyeux, s'il te plait, Joyeux je t'en supplie !!!

Il n'y avait pas de plus grand supplice, sa voix commença par vibrer, puis elle s'éteint au fur et à mesure que l'énorme chien avançait dans son festin. Il le dévorait vif. Pourquoi le corps ne perdait-il pas vie ? Pourquoi un gamin devait-il continuer ainsi à mourir ? Pourquoi les chiens étaient-ils si cruels ? Et pourquoi son frère, et tant d'autres encore subiraient-ils le même sort?

- NON !

Ses jambes remuaient encore et ce n'était pas juste. Sa voix se faisait encore entendre et ce n'était pas juste. Soupir Joyeux regardait, Soupir Joyeux écoutait, et Soupir Joyeux n'en pouvait plus. C'est alors que Noisette Déchainée fit ce que sa fiancée n'aurait jamais eut le courage de faire, il tua le chien, puis la boule de sang qui survivait à coté, pour qu'elle n'ait plus l'occasion ni de gémir, ni même de souffrir. La jeune écureuil se détourna de la scène et rejoint le seul boule de poil à être resté dans la Grotte : Gland Timoré semblait souffrir autant que son grand frère il y a deux secondes. Et pourtant il était absolument seul dans la Grotte et n'en était certainement pas sorti. Soupir Joyeux vit dans la seconde où il tourna la tête vers elle qu'il risquait de faire une grosse bêtise, bien plus énorme que toutes les précédentes. Elle devait absolument le raisonner. Elle devait l'écouter et le regarder avec autant de concentration qu'elle en avait eu lors du meurtre de son premier frère.


Dernière édition par Soupir Joyeux le Mer 13 Juin - 14:20, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 3 Juin - 14:27

Lune de Sanglots feula avec agressivité lorsqu'il senti la force de la meneuse du Clan de l'Aube qui l'empêchait de retenir son propre guerrier. Il n'avait pas compris le sens de ce que Lune de Miel avait dit ni quelles relations elle entretenait avec Larme du Destin, mais pour l'heure cela lui importait peu, il savait juste que par son acte, le Clan de l'Aube venait de déclarer la guerre à celui du Sable. L'alliance qui avait réunit les quatre clans durant leur enfermement n'aurait jamais dû avoir lieu, il le savait et regrettait déjà de ne pas y avoir mis un terme dès qu'il l'avait pu. Les Clans n'avaient pas été créés pour faire équipe, même contre la menace de la Meute. Il était plus que temps que chacun regagne sa place et les mélanges entre Clans se stoppent. Le chef au pelage ébouriffé grimaça en se souvenant qu'il avait à présent un ancien membre du Clan de la Source dans ses propres rangs. Soupir Joyeux avait abandonné son Clan d'origine sans remord, il devrait surveiller très étroitement ses actes pour juger de sa loyauté. Et quand à Perle Ambrée, sa lieutenante, elle avait tout simplement disparu ce qui laissé entendre que la Meute l'avait dévorée. Il était bien temps de chasser les chiens de la Forêt Ancestrale où ils n'avaient que trop longtemps régné. Mais pas comme ça ! Soudain, en un battement de cil, la chef au pelage roux avait disparu à son tour. Nul doute qu'elle s'était élancé sur les traces du guerrier du Clan du Sable. Avec rage, l'écureuil au pelage brun tenta de la rattraper. Soudain, un coup de tonnerre claqua dans l'air avec la violence d'un coup de fouet. En un instant, Lune de Sanglots fut à terre. Il se releva, tremblant de tous ses membres et se secoua pour se débarrasser de toute la poussière qui s'était abattue sur lui. Il ne compris ce qui venait de se passer qu'en voyant des blocs de pierre dispersés autour de lui. Une chance qu'aucun d'entre eux ne soit tombés sur lui ! Avec patience, le chef prit le temps de vérifier qu'il ne s'était rien cassé avant de jeter un coup d’œil anxieux au dessus de lui. La foudre était tombée en plein sur la Grotte de la Lune, mais à présent la voute semblait tenir bon. Là encore, heureusement ! Car si l'entrée était obstruée, les écureuils n'avaient aucune chance de sortir un jour de l'enfer souterrain. Lune de Sanglots n'avait pas le temps de vérifier que personne n'était blessé et il sortit à l'air libre, escaladant tant bien que mal les rochers qui s'étaient décroché. Aucun écureuil ne semblait enseveli sous les pierres à première vue. La scène qu'il avait sous les yeux le cloua un instant sur place. Au centre de la grande Clairière aux Tilleuls, la Meute, toujours aussi nombreuse mais plus directement devant l'entrée de la caverne. Au loin, un groupe de trois écureuils qui couraient en bravant les éléments qui semblaient être furieux. Et à côté ... le chef repéra Larme du Destin, Lune de Miel et ... Perle Ambrée !? Les deux premiers semblaient en plein combat avec le plus gros des canidés, quand à la lieutenante, elle courait pour les rattraper et elle y serait très bientôt.

* Je suis en train de rêver, voilà tout *

Mais le meneur n'y croyait pas lui-même. La pluie tambourinait sur le sol et brouilla le combat. Qui avait le dessus ? La Meute sans aucun doute, le contraire n'était pas concevable ! Il ne voyait plus qu'un rideau de pluie qui tombait sans plis et diffusait une lueur obscure qui ne lui permettait pas de voir plus loin que le promontoire rocheux en dessous duquel il se tenait à l'abri. Mais l'énergie de la bataille montait en lui et le chauffait d'une intense colère qu'il devait utiliser. Il ne pouvait plus rester sans rien faire alors que l'occasion de se battre lui était donné. Sans réfléchir, le chef au pelage brun et encore sec - bien que plus pour longtemps -, cria quelques mots aux écureuils dans la Grotte et bondit en direction de la bataille pluvieuse.

- Perle Ambrée court vers la Meute, elle veut la défier ! CLAN DU SABLE, A L'ATTAQUE ! Lune de Miel et Larme du Destin sont déjà là-bas eux aussi !

Sans attendre de réponse, Lune de Sanglots détalla de toute sa force vers le sang giclant qui l'appelait. Le combat faisait rage et le chef était tout entier concentré sur lui. Les gouttes de pluie le frappaient et ne faisait que redoubler son envie de bataille. Son sang coulait en lui comme une rivière en fusion qui le poussait toujours plus vite. Enfin, le combat fut en vue, la Meute tournait autour de quelques écureuils penchés sur le sol sur lequel devait se tenir quelque chose. Prenant son élan, le meneur bondit sur le premier canidé qui croisa sa route. Il planta ses griffes aiguisées dans la peau cuirassée du chien, le mordit de toute ses forces, fut jeté à terre. Il se redressa et fit face à son ennemi qui grondait, babines retroussées. Une fois de plus, il lança l'attaque, se jeta sur la gorge du quadrupède, dû reculer sous la riposte de celui-ci. Mais une tactique se bâtissait dans l'esprit de l'écureuil. Il fonça tête baissée sur le chien, fit un crochet au dernier moment, couru encore. Soudain il fit un demi-tour fulgurant que lui permettait sa petite taille et se lança sur le dos du chien. Il tenta d'entailler la peau plus fragile de la tête et de la nuque sans pour autant tomber à terre. Mais tout de fonctionnait pas aussi bien qu'il ne l'avait espéré. A lui contre contre un chien, c'était déjà étonnant qu'il soit encore en vie. Il lui fallait trouver un autre combattant. Tout à coup, le vent obliqua les rayons de pluie et il aperçu un autre combattant ! Il faussa compagnie à son propre adversaire pour rejoindre l'écureuil qui se battait. Il était noir avec les pattes rousses et le ventre blanc, sa peau couturée de cicatrices. Arrivé en face de lui, Lune de Sanglots pilla net. C'était un solitaire ! Un sale solitaire dans la Forêt Ancestrale !!! C'était déjà bien assez de cette Meute du Sang pour ne pas être envahis par des solitaires répugnants !!! Mais l'écureuil l'avait aperçu. Il attira le chien d'une couleur de poil gris sale pour pouvoir se placer côte à côte avec le chef du Clan du Sable. Avec dégoût, celui-ci se recula. Berk, il n'allait tout de même pas combattre avec ce renégat ! Il empestait tout l'air de son odeur de solitaire à laquelle se mêlait des fragrances de ville des Bipèdes !

- Va-t-en sale traître !

Mais l'écureuil noir et roux n'en fit rien et Lune de Sanglots cru même déceler un sourire sur sa figure tuméfiée pendant qu'il attaquait le chien sans le quitter des yeux. Il avait une méthode d'attaque étrange : il avançait à toute vitesse et mordait le canidé gris sale avant de reculer tout aussi vite. la bête n'avait pas le temps d'atteindre le rongeur et paraissait folle de rage de ce traitement. C'était en tout cas plus efficace que les méthodes de guerre classique comme dû amèrement le reconnaitre Lune de Sanglots. Le meneur plissa le nez, incommodé par l'odeur, et se résigna à laisser de côté ses répugnances pour combattre à côté de cet individu qu'il aurait réduit en pièce en d'autres occasions. "La faim justifie les moyens", et Lune de Sanglots devait penser au bien de son Clan avait tout. Et il était certain que pour le moment, ce solitaire pouvait être utile pour se débarrasser de ces chiens. Après, s'il devenait encombrant, on se débarrasserai de lui à son tour, tout simplement. Il ne fallait pas se compliquer la vie, elle l'était déjà naturellement ! Et d'un bond, Lune de Sanglots se jeta sur le canidé au pelage gris taché de boue, épaulé par son nouveau camarade de combat. Une nouvelle ère était-elle en train de voir le jour ?
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Devise : Il n'y a que les idiots pour souhaiter plus d'intelligence qu'il n'en ont déjà.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Jeu 19 Juil - 13:05

* - Chut !!! Ne parle pas, n'ouvre surtout pas la bouche ! *

Gland Timoré voulait se libérer, il avait besoin de crier de toutes ses forces pour réduire l'angoisse qui lui tordait le ventre. Mais il ne le ferait pas, tout simplement parce que sa sœur le lui interdisait, et qu'elle paraissait encore plus anxieuse que lui. La bataille avait éclaté dehors, ils étaient deux dans l'immense grotte. Malgré le début des hostilités, le malaise de Gland Timoré ne s'était pas apaisé. Sa sœur le prit par la main, elle avait compris qu'il réussirait cette foi à lui obéir. Ils sortirent tous les deux et observèrent l'affreuse scène. Lune de Sanglots se faisait tout simplement dévorer par les chiens. Soupir Joyeux couvrit de sa main libre les yeux de son cadet, mais les bruits, les courants d'air et les odeurs laissaient deviner les horreurs qui se déroulaient derrière cette main.


Dernière édition par Gland Timoré le Lun 29 Oct - 18:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Lun 13 Aoû - 13:24

Perle de Rosée sursauta en sentant une nouvelle présence imposante derrière elle. Elle tenait déjà tête à un canidé, mais alors à elle seule contre deux, ça allait être difficile ! La pluie avait plus ou moins cessé, enfin elle ne fouettait plus son pelage avec la même force que précédemment, et c'était déjà ça de gagné. En revanche la boue était toujours plus profonde et étendue, et elle rendait les mouvements de l'écureuil grise de plus en plus épuisant. Mais elle n'allait certainement pas abandonner contre quelques chiens à la noix ! Le temps était venu de reconquérir la forêt Ancestrale, pour que le Clan des Nuages ait enfin des territoire à sa mesure ! Et la lieutenante du Clan des Nuages espérait secrètement que cette bataille impromptue allait débarrasser son Clan de quelques individu en trop ... comme sa chef ! Alors enfin, elle pourrait prendre sa place et être adulée comme la nouvelle meneuse du Clan des Nuages ! A cette idée, un sourire féroce naquis sur ses lèvres pincées et l'écureuil fit un bond de côté pour se trouver face aux deux chiens. Gonflant sa fourrure du mieux possible, étant donnée qu'elle était complètement trempée, Perle de Rosée s'avança vers les deux canidés, l'air menaçant et l'échine hérissée. A ce revirement d'attitude, les deux chiens, patauds dans cette gadoue, hésitèrent avant de filer sans demander leur reste. La lieutenante se redressa avec prétention sans se départir de son sourire machiavélique. Même les chiens la craignait désormais ! Avec tranquillité, elle fit quelques pas pour se reposer un peu avant de reprendre la bataille. Soudain, son regard fut attiré par une silhouette encore blanche malgré toute cette boue. Avec mépris, Perle de Rosée maugréa.

- Encore cette sale Lune du Matin ! Vu la couleur de son pelage, elle ne doit pas trop se fatiguer ... Vivement que ce chien m'en débarrasse !

En effet, la chef du Clan des Nuages était attaqué par un énorme chien noir et marron qui lui donnait bien du fil à retordre. Mais contrairement à ce que pensait sa lieutenante, Lune du Matin ne ménageait pas ses efforts en défendant son Clan. Avec une joie féroce, Perle de Rosée s'assit bien en face du spectacle. Petit à petit, la supériorité du chien devint évidente. Lune du Matin ne pourrait pas s'en tirer vivante ! Avec un rictus cruel, la lieutenante au pelage taché de boue ne s'éloigna pas pour autant. Même si elle savait à présent que sa meneuse ne reverrait jamais le soleil, elle voulait le voir de ses propres yeux ... A chaque attaque du chien noir et marron, la riposte de Lune du Matin devenait plus faible encore. Il ne restait plus que quelques instants à vivre pour la chef au pelage blanc. Et pourtant sa détermination ne faiblissait pas et sa volonté restait intacte. L'écureuil se doutait qu'elle allait mourir, mais elle allait mourir couronnée de gloire, en défendant son Clan. Et elle savait qu'après elle, les autres écureuils se battraient eux aussi jusqu'à la mort s'il le fallait. Elle savait pourtant que Perle de Rosée ne lui était pas fidèle, mais elle croyait en son Clan pour qu'il sache bannir sa nouvelle chef s'il le fallait. Elle avait confiance en eux. Mais l'affront durait, la chef n'était toujours pas morte et Perle de Rosée s'impatientait. Soudain, la silhouette blanche se jeta sur le chien et lui mordit la jugulaire de ses dents pointues et puissantes. D'un coup de tête, le canidé se débarrassa de son assaillante qui tomba au sol, mais il était trop tard pour lui : la blessure était ouverte, il était condamné ! Blessée mais toujours vivante, Lune du Matin gisait au sol, sans bouger. Mais elle respirait toujours ... Aucun autre chien ne semblait l'avoir remarquée. Avec méfiance, Perle de Rosée jeta un coup d’œil autour d'elle. La bataille faisait rage, et personne ne faisait attention à elle. A pas furtifs, la lieutenante s'avança vers sa chef au sol. Ses yeux étaient déjà dans le vide, mais elle était encore consciente, bien que probablement plus pour longtemps en l'absence de soin. Perle de Rosée aurait pu la porter jusqu'à un guérisseur. Oui, elle aurait pu ... Mais ce n’est pas ce qu'elle choisit. Regardant devant elle l'absence de témoins, la lieutenante du Clan des Nuages se posta fièrement devant sa chef. Lorsque cette dernière croisa son regard, elle put y lire un mélange de convoitise et de folie, ainsi qu'une cruauté autrefois enfouie qui refaisait surface. Avec nonchalance, Perle de Rosée joua avec ses griffes aiguisées devant le visage de sa chef, trop épuisée pour faire un geste. Lune du Matin n'avait pas peur et elle n'était pas dupe non plus, elle se doutait bien de ce qui allait lui arriver et elle préférait regarder la mort en face. Un petit éclair de déception fusa dans les yeux vifs de Perle de Rosée. Elle aurait préféré que Lune du Matin la supplie, l'implore. Au lieu de cela, elle paraissait attendre ce dernier coup fatal. Agacé par la tournure des évènements, la lieutenante aux poils gris bouillasseux jeta sa patte en avant, toutes griffes dehors. "Ne remet pas au lendemain ce que tu peux faire le jour-même.", se rappela la lieutenante. Ce ne fut que lorsqu'elle sentit la chair mutilée sous sa patte que Perle de Rosée retrouva son rictus mauvais. Bien vite, l'odeur du sang monta aux narines de la nouvelle chef et elle se pencha en arrière pour rire effroyablement. Lune du Matin était morte !!!

- Je suis Lune de Rosée, la nouvelle chef du Clan des Nuages !

La meurtrière n'avait pas crié, mais seulement murmuré ces mots, pourtant il lui firent un bien immense. A présent, il fallait se replonger dans la bataille pour que chacun admire sa discrétion lorsqu'elle attaquait ses ennemis par surprise. Bientôt, tout le monde chanterait ses louanges, et elle serait obéit de tous ! Même les chefs des autres Clans seraient obligé de la traiter avec considération à présent, et elle leur ferait ravaler leur fierté ! Ah oui, comme elle allait s'amuser à présent que le dernier obstacle qui se dressait sur sa route venait d'être mis à bas ! La fin de cette époque de travail était sonnée, maintenant la nouvelle Lune de Rosée allait être servie, elle n'allait plus rien faire par elle-même ! Avec ses yeux luisants de cruauté non déguisée, la chef gris pleine de boue faisait peur. Discrètement, elle se retourna vers là d'où elle venait. Et c'est là qu'elle l'aperçu : deux yeux rivés sur elle malgré les multiples combats qui se déroulaient autour. Gland Polaire. Depuis combien de temps l'observait-elle ? Avait-elle remarqué qu'elle était la meurtrière de Lune du Matin ou bien était-elle trop loin pour distinguer quoi que ce soit ? Dorénavant, il faudrait que Lune de Rosée surveille étroitement cette jeune ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 13 Oct - 19:10

Du bruit, du bruit, et encore du bruit. Toute la Grotte de la Lune semblait être prise d'une effroyable agitation. Les rongeurs de tous les clans piaffaient d'impatience. Une grande nouvelle apparemment. Il ne fallait plus qu'espérer que la nouvelle soit positive. Que ces horribles canidés sanguinaires lèvent le siège ? Ce serait certainement la meilleure chose que les écureuils piégés ici pouvaient souhaiter. En tout cas, tous ces problèmes ne concernaient pas directement tous les rongeurs. Et encore heureux ; pour Gland du Loup, qui n'était né que quelques semaines avant ce jour, ça aurait été lui arracher son innocence avec tous les problèmes plus ou moins sanglants qu'offrait la vie. Et encore du bruit, les murmures exaltés de tout ce beau monde se répercutaient contre les parois de la grotte, offrant un effet d'écho tout à fait désagréable. Le jeune Gland du Loup ne pouvait absolument pas dormir dans de telles conditions, et voir tant d'écureuils aussi excités ne l'aidait en rien. Il sentit un sentiment d'excitation le gagner peu à peu et sa curiosité pointa le bout de son museau. Ô tendancieuse curiosité qui pouvait aisément provoquer la fin de cette petite bulle de bonheur ! Veillant à ne pas réveiller sa chère mère, Gland du Loup se mit sur ses quatre petites pattes et se mêla à la foule dense avec inquiétude et plaisir. Ses membres étaient ankylosés, après tout, dormir sur de la pierre dure et froide n'était pas l'idéal, mais bon. Il ne pouvait pas vraiment juger étant donné que cette grotte était la seule chose qu'il connaissait. Le jeune du Clan de l'Aube se redressa sur ses pattes postérieures, les oreilles aux aguets, cherchant à capter quelques bribes de conversation. Peut-être trouverait-il le sujet de cette excitation ? Ses yeux parcouraient fébrilement les pelages et les visages inconnus des rongeurs à proximité, lorsqu'il entendit enfin ce qu'il voulait. Les chiens ne bouchaient plus l'entrée ! Guilleret, Gland du Loup se fraya un passage jusqu'auprès de sa mère, Rose des Vents. Il se blottit quelques secondes contre sa douce fourrure chaude respirant son parfum à plein nez avant de se mettre à la secouer doucement pour la réveiller.

- Maman, debout ... Les chiens ne bloquent plus l'entrée apparemment !

Sa mère émergea plutôt rapidement du sommeil à l'entente de la dernière phrase. Un sourire heureux fleurit sur les lèvres du jeune gris qui regardait sa mère parler avec son père. Il s'assit et les regarda, tentant de comprendre leur échange sans vraiment écouter. Son regard chocolat était inexorablement attiré par quelques détails, par exemple, le fait que le ciel semblait sur le point d'exploser, que l'agitation avait changé en un rien de temps. Un frisson parcourut son échine et Gland du Loup choisit de se figer et d'attendre. D'après les murmures inquiets et surpris des autres, Gland du Loup apprit qu'une écureuil rousse dévalait la pente en courant. Là n'était pas le problème, le problème était dans le fait que ladite écureuil courrait droit vers la meute des chiens. Des exclamations fusaient de toutes part, Gland du Loup, lui, ne comprenait plus grand chose à vrai dire. Il fallait dire qu'il n'était pas au parfum de tous ces problèmes. Un pelage roux assez familier capta son attention, c'était celui de la chef de son clan, Lune de Miel. Cette dernière semblait empêcher un écureuil plutôt massif au pelage foncé d'atteindre un autre rongeur. Intrigué, Gland du Loup pencha automatiquement la tête sur le côté droit et se concentra sur ce qui se passait. La meneuse au pelage flamboyant s'élança à la suite du fuyard abandonnant l'écureuil imposant, mais un bruit assourdissant stoppa sa course. Gland du Loup sursauta lorsqu'il entendit le bruit. C'était puissant, et terrifiant. Son corps fut prit de spasme effrayés et il se ramassa sur lui même en un instinct défensif. Tremblant, il mit de nombreuses minutes à reprendre le contrôle de lui-même. Autour de lui, tout bougeait, renforçant son sentiment de panique. Il ne comprenait pas. Il était trop jeune. Il poussa un petit cri apeuré lorsqu'il se fit bousculer par un adulte et chercha ses parents du regard. L'écureuil au pelage brun foncé, après avoir poussé un cri guerrier pour inciter les écureuils de tous clans à le suivre, sortit de la Grotte de la Lune pour se jeter dans la mêlée. Le jeune rongeur gris eut le temps d'apercevoir son père se joindre à eux, un sentiment de fierté bondit dans sa poitrine. Si seulement il savait ... Si seulement il savait que cela allait être la dernière image qu'il aurait de lui. Il s'approcha fébrilement de l'entrée de la grotte et scruta le champs de bataille, ne sachant pas vraiment s'il voulait voir tout ça. Ce n'était pas très beau à voir. Le ciel était menaçant, la pluie tombait avec force, réduisant de manière conséquente la visibilité. Gland du Loup déglutit face au spectacle macabre qui s'offrait à lui, des écureuils morts, il y en avait tant ... ! Partout où son regard s'arrêtait, il voyait du sang, des corps blessés, des corps morts ... Et CE corps. Celui qu'il avait vu partir. Celui pour qu'il avait éprouvé tant de fierté quelques instants plus tôt. Son père s'était fait tué. Gland du Loup fixa le corps inanimé en état de choc, il ne comprenait pas, il ne voulait pas comprendre. Non, non, non, et non ! Il ne pouvait pas. Il n'avait pas le droit. Ne devait-il pas être toujours là pour lui ? Il se sentit brièvement bousculé mais ne réagit pas. Il observa sans comprendre une silhouette familière courir vers la dépouille de son père. Sa mère ? Pourquoi le laissait-elle ici ? Gland du Loup s'assit, et surveilla sa mère du regard. Cette dernière était penchée sur son compagnon qui avait désormais rejoint le Clan de la Lune, elle semblait effondrée. Le jeune gris regarda d'un air absent un des canidés progresser parmi les rangs de rongeur, et en opportuniste qu'il semblait être, il ôta la vie à la mère de Gland du Loup. Ce dernier ne réagit pas. Il ne ressentait plus rien, il était comme dans une bulle, il se sentait las. Quelque chose avait été brisé en lui. Son innocence s'était envolée. Son sang pulsait avec force dans ses veines, le jeune écureuil porta ses pattes à la tête comme pour passer son mal de tête, le regard perdu dans le vague. Son père ... Sa mère ... Morts. Ils l'avaient abandonné d'un certain point de vue. Les larmes refusaient de couler. Il se le refusait. Relevant la tête et redressant ses épaules, Gland du Loup continua d'observer le combat qui se déroulait sous ses yeux. Il ne pouvait plus vivre dans l'insouciance ? Et bien soit, il se battrait, au côté de son clan ! Mais quand son heure viendrait. Il devait encore apprendre beaucoup de choses avant.

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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 13 Oct - 23:46

Noisette Déchaînée eut un dernier regard pour sa petite amie avant de plonger corps et âme dans la bataille. Que le Clan des Étoiles soit loué, elle ne semblait pas avoir l'intention de le suivre ! Elle n'avait pas été blessée par la colère tombée du ciel et était trop occupée à veiller sur ses multiples frères. Il pouvait partir sans risque et n'y regarda pas à deux fois ! Un frisson d'excitation couru le long de son échine jusqu'à sa queue touffue. Une décharge électrique se répandit dans tout son corps trop longtemps au repos. Il n'était pas fait pour rester enfermé toute la journée dans une grotte obscure ! L'impatience du combat à venir gonflait son pelage roux et tendait ses muscles. Noisette Déchaînée n'avait déjà plus l'apparence de l'apprenti qu'il était encore, mais avait l'air d'un vrai guerrier. Il était fin prêt ! Humant les odeurs des canidés, une lueur féroce s'alluma dans son regard lorsqu'il bondit derrière son chef. Immédiatement, la tempête qui se déchainait lui apprit sa présence par les torrents qui se déversaient sur lui. Courir jusqu'au champs de bataille fut éprouvant, chaque seconde qui passait ne faisait que retarder l'inévitable et l'impatience le gagnait. Les crocs sortis, il s'élança à travers la boue et se jeta sur le premier chien qui croisa sa route. Ce dernier était déjà dégoulinant du sang de ses victimes, sans doute les deux écureuils au sol, enlacés par delà la mort. Un bref instant, il distingua auprès d'eux un petit rongeur gris, seul et perdu dans la tourmente. Et le combat commença ... Seul face au chien, Noisette Déchaînée rivalisait de vitesse pour tenter de blesser son adversaire. Peine perdue. Cinq fois plus gros que lui au moins, le chien paraît la moindre de ses attaques avec une facilité déconcertante. Hop, un bond en avant, puis une feinte sur le côté. Hop, un demi-tour, suivi d'une attaque-éclair. Hop, un faufilage entre les pattes de ce gros balourd pour tenter de le mordre au ventre au passage ... Hop, hop, hop, mais aucun résultat ! Au moins, le chien non plus ne parvenait pas à le toucher, comme se disait l'écureuil. Noisette Déchaînée se sentait perdre toute patience, et toute prudence par la même occasion. Il n'avait pas été entraîné à ces combats sans vainqueurs ! Une nouvelle décharge d'énergie le fit frémir jusqu'au bout des oreilles. Ça n'allait pas se passer comme ça ! Avec une hargne inouïe pour un si petit animal, le rongeur bondit directement à la tête du canidé. Pas de pitié, se rappela le rouquin avant de déchirer sauvagement la figure du chien avec ses griffes bien aiguisées. Il sentit le sang du chien gicler sur lui et eu un mouvement de recul instinctif. La brute féroce en profita pour avancer ses crocs vers lui d'une façon peu cordiale, que l'écureuil n'esquiva qu'au dernier moment. Mais Noisette Déchaînée ne s'accorda aucun instant de repos et relança une offensive. Son but restait la tête de l'animal, le seul point vulnérable qu'il pouvait atteindre sans trop de difficulté. L'écureuil au pelage roux se dressa sur ses pattes avant de bondir avec force. Mais le chien redressa d'un coup sa tête massive et Noisette Déchaînée se retrouva face à ses crocs pointus ! Avec l'espoir du désespoir il s'agrippa aux poils de la figure du canidé, le cœur battant à tout rompre. Il ne pouvait pas finir comme ça ! La pensée du chagrin de Soupir Joyeux s'il disparaissait lui donna l'énergie nécessaire pour survivre. Sans lâcher sa prise il se hissa sur l'échine de la créature et la mordit de toute ses forces, ses dents pointues plongées dans la chair. Le hurlement de rage et de douleur du chien lui fit froid dans le dos. Pourvu qu'il ne se roule pas par terre, sinon Noisette Déchaînée allait finir broyé sur le poids de son adversaire ! Mais soudain un autre écureuil profita de la désorientation du chien pour l'attaquer par derrière. A présent, le canidé avait perdu toute assurance et cherchait à se libérer de l'emprise de ses deux adversaires. L'écureuil roux compris que c'était gagné. En effet, quelques instants plus tard le chien se dégageait de leurs griffes et s'enfuyait ventre à terre. Noisette Déchaînée sentit un sentiment de joie et de puissance s'emparer de lui. Il se retourna pour remercier son mystérieux sauveur, mais celui-ci avait déjà disparu dans la mêlée. Haletant, l'apprenti du Clan du Sable se déporta sur le côté pour reprendre son souffle. Son face à face l'avait épuisé.

* Et tout ça, ce n'était que pour une seule de ces satanée bestioles ! *

En voyant autour de lui les centaines de corps qui sa battaient, il se sentit nauséeux. Comment avoir pu simplement imaginer la possibilité de gagner !? Les chiens vaincraient, ils étaient bien trop puissants. Tous les cadavres au sol, baignant dans leur sang, en témoignaient. Mais où Perle Ambrée avait-elle eu la tête !? Noisette Déchaînée ferma les yeux un instant, essayant de stopper le vertige qui s'emparait progressivement de lui. Surtout, ne pas oublier de respirer, se répéta-t-il. Il prit soudain conscience que son pelage était poisseux, collant, et que cela n'était pas seulement dû au sang du chien ... Tout en se luttant pour rester éveillé, l'apprenti se rendit compte qu'il était blessé au flanc, et profond en plus. On voyait distinctement les sillons tracés par les énormes griffes. Et il se vidait de son sang, là, sur le bord de ce champs de bataille boueux ... Il lui fallait faire quelque chose, trouver un guérisseur par exemple ! Mais soudain le rouquin prit conscience que le guérisseur de son Clan était décédé peu auparavant, et qu'aucun successeur n'avait été désigné. "Voyons, réfléchi," se morigéna-t-il, "qu'est-ce qu'un guérisseur aurait fait à ta place ?". Mais sa fluidité de pensée semblait le quitter avec le sang qui coulait le long de son corps. Il ferma les yeux, avec l'image de son amour comme dernière pensée ... pour les rouvrir presque aussitôt. Quelque chose - quelqu'un - criait, près de lui. Enfin peut-être même plusieurs. Cherchant à reprendre ses esprits, Noisette Déchaînée se demandait ce qui pouvait faire un bruit pareil, mélange de cris de peur et de gémissements désespérés. Et il vit soudain. Deux énormes chiens tournaient autour d'un groupe de jeunes écureuils, tous clans confondu. Ils étaient sortis de la Grotte de la Lune ! Mais quelle inconscience ! Et maintenant ils étaient pris au piège par les deux canidés, sans personne pour leur porter secours. Personne ... ou presque.

* Je suis encore là, moi. Ces petits ont besoin de moi. Il faut que je me lève ! *

Grimaçant de douleur, il fit une première tentative et chancela à nouveau à terre. Il serra les dents pour se pas se concentrer sur sa blessure qui le torturait et se releva. Fit un pas, puis un deuxième. Bientôt, il se mit à courir vers le groupe de jeune apeurés, sentant son sang marquer de pourpre sa trajectoire. Il fallait qu'il réussisse. Comment il se débarrasserait de ces chiens, il ne savait pas, mais c'était ça où mourir ici sans rien faire. Il avait le devoir de tenter tout ce qu'il pouvait. La chance lui sourit, sa course avait attiré l'attention de plusieurs guerriers qui s'avancèrent pour l'aider, chacun attaquant un chien. Profitant d'un bref instant durant lequel les canidés baissèrent leur garde, Noisette Déchaînée fonça, non sans mal, sur le tas des petits, poussant les uns, soulevant les autres, pour les ramener dans la Grotte. Il n’atteignit pas le bout, s'effondra au sol, devant l'entrée. Un jeune au pelage gris restait à la traine mais Noisette Déchaînée ne pouvait plus l'aider. Il sentit qu'il souffrait beaucoup trop. Il eu juste la force de lever le regard vers la Grotte de la Lune. Vide. Vide. Vide. Elle était vide. Soupir Joyeux ! L'apprenti tenta de calmer sa panique grandissante, mais déjà son souffle se faisait court. Les jeunes étaient agglutinés autour de lui, terrifiés. "De l'air, j'ai besoin d'air !", songea l'écureuil, mais déjà sa voix ne franchissait plus ses lèvres. En contrebas, il pouvait voir la bataille qui se déroulait toujours.

* Je ne veux pas mourir ... *

Et il vit au loin une silhouette rousse et familière qui se battait avec deux chiens furieux. Il perdit conscience avec l'image de Soupir Joyeux blessée incrustée dans ses prunelles, sans entendre la course de Feuille de Menthe qui venait à son secours.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 20 Oct - 16:42

Lune de Miel baissa sa tête altière et posa son regard au sol pendant un long moment. La pluie redoublait de vigueur et les combats criaient autour d'elle, mais l'écureuil rousse n'en avait pas conscience. Elle ne pouvait pas penser que c'était possible, qu'elle avait fait tout ce chemin, vécu tant de choses pour en arriver là. "Pourquoi lui ?" semblaient dire les larmes qui coulaient sur son visage souffrant et immobile. Sous le déluge de sentiments qui s'abattait sur elle, elle ne parvenait à identifier que l'amour qu'elle lui portait et qui lui brûlait le cœur, et la souffrance de sa brusque disparition, à jamais. Elle venait seulement de le retrouver, pour le perdre à jamais ! Un frisson la secoua. Elle avait si froid ! Tous ses souvenirs heureux la hantaient, pourquoi n'avait-elle pas su profiter du bonheur lorsqu'il était à sa portée ? Maintenant, tout était trop tard ... La chef cligna des yeux, les ferma un instant pour se remémorer la beauté de Larme du Destin dans son dernier saut. Elle ne pouvait concevoir qu'il était parti, elle n'avait pas même pu lui dire adieu ! Doucement, ses larmes se tarirent. Rien ne servait de le pleurer, Larme du Destin ne reviendrait pas. Elle leva la tête et sembla comme se réveiller d'un douloureux songe. Lune de Miel observa les alentours, les chiens qui se battaient, les écureuils qui attaquaient et tous ceux au sol qui n'avaient pu se défendre.

* Profitez des instants présents, la mort arrive toujours trop tôt ... *

Hé quoi, ne vivait-on donc que pour mourir un jour ? N'y pouvait-il y avoir d’échappatoires dans cette vie mensongère ? Mais la vie ne donne rien : elle prête. Et chacun l'apprend à ses dépends. La clairière était jonchée de cadavres, remarqua la meneuse dans un état second. La plupart étaient des écureuils, que la rouquine connaissait, qu'elle avait appris à aimer. D'autres, moins nombreux, semblaient comme des écueils déchiquetés tout en griffes et en crocs - les canidés. Mais tous gardaient sur leur visage les ultimes souffrances de la fatale attaque. Lune de Miel sentit que s'allumait en elle une nouvelle sensation, qu'elle n'avait pas éprouvé depuis ce jour lointain où elle s'était résignée à obéir aux lois de ses ancêtres.


- Est-ce donc cela que vous avez voulu, Clan de la Lune !? Ne nous avez-vous donc élevé que pour nous battre et pour tuer !? Pour répandre le sang et la misère dans nos famille, pour que le deuil accompagne chacun de nos pas !? Pour vous servir sur terre à nos propres dépends !?

A présent, la chef criait, au creux de la colline, en direction du ciel où les éclairs se succédaient et d'où la pluie tombait sans relâche. Elle s'époumonait et libérait enfin cette rancœur qu'elle n'avait que trop longtemps gardée en elle, tous ses sentiments refoulés depuis des lunes fourmillaient le long de son corps, et l'enflammaient !

- Clan de la Lune !!! Vous n'avez jamais pensé qu'à vous et à vos clans, mais leur temps est révolu à présent, cette bataille le montre bien ! Jamais vous ne nous avez porté secours lorsque nous en avions le plus besoin, jamais vous ne nous avez aidé à trouver notre propre voie ! Seules vos lois ont toujours comptées, et peut importait si elles ne nous convenaient pas !

La chef se redressa de toute sa hauteur, et se mit à hurler en direction du vent qui voulait la faire taire, en direction de l'eau qui l'étouffait, en direction des éclairs qui l'aveuglaient. Sa colère brûlait en elle telle une flamme incendiaire, calcinant tout sur son passage.

- Puisque vous n'avez jamais su nous aimer, ne nous demandez pas notre amour en retour. Il est trop tard à présent, trop de sang a coulé pour ignorer votre impuissance à nous protéger. Il n'importe plus qu'à nous de fonder notre communauté et nos propres lois ! Et si nous ne pouvons vivre comme nous l'entendons, avec qui nous voulons et où nous voulons, sans être obligés de vous être soumis, alors, dans ce cas, autant ne plus vivre !!!

Et sur ce, Lune de Miel se leva brusquement et se jeta sur le plus gros chien de son champs de vision. Puisque sa vie ne valait plus la peine d'être vécue, alors autant que sa mort serve les autres. Ils choisiraient eux-même leur propre vie, et peu importait s'ils ne savaient se défaire de l'emprise du Clan de la Lune. Un jour viendrait, Lune de Miel en était sûre, où chacun pourrait décider de sa propre vie sans se laisser diriger par les autres. Peut-être ce jour n'était-il pas encore venu, mais peut-être aussi chacun pouvait-il faire changer les choses, juste assez pour le suivant puisse continuer ... La meneuse se ramassa sur elle-même, le feu qui la dévorait la poussait, et bondit d'une détente puissante sur l'échine du canidé. Elle le mordit férocement jusqu'à ce qu'il couine de douleur, puis l'abandonna rapidement aux autres écureuils venus prêter main forte. Elle s'arrêta non loin et observa son pelage de gadoue. Rien. Elle n'avait rien, même pas une égratignure ... L'irritation de Lune de Miel la conduit à changer de technique et elle chercha à repérer les écureuils en difficulté parmi les brouillards de silhouettes combattantes. Sur sa gauche, un écureuil roux, sûrement vieil apprenti ou jeune guerrier d'après sa carrure, était dans une position délicate face à un gros canidé. Seul face à lui, l'écureuil était bien vulnérable et venait seulement de s'en rendre compte. Sans perdre de temps, la meneuse au pelage taché de boue pris l'adversaire par derrière. Elle y mis une telle énergie que bientôt le chien fuyait en direction de la Ville des Bipèdes. Ni une, ni deux, Lune de Miel se lança au secours d'un autre écureuil. Un fois de plus, à deux et bientôt trois ils eurent raison du chien. Lune de Miel aida les écureuils dans les positions les plus délicates, prenant toujours plus de risques ... Mais sa colère la rendait invincible. Cependant la rouquine sentait que le cœur n'y était pas. Elle ne voulait pas se battre, elle voulait mourir. Elle n'avait plus rien à défendre et s'en rendait bien compte. Sa liberté, elle l'avait perdue il y avait longtemps. Du jadis glorieux Clan de l'Aube, il ne restait que quelques guerriers faméliques et démoralisés. Le Clan de la Lune non plus ne méritait pas que l'on se batte pour lui. Il ne restait rien à faire. Ce monde n'avait plus de place pour Lune de Miel comme la chef qu'elle avait été. Et peut-être même plus comme la solitaire qu'elle avait aspirée à redevenir. Oh sombre destin qui se joue de nous et nous guète au passage sans que l'on en prenne conscience ! Lune de Miel gravi la colline face à elle en quelque bonds. Jamais auparavant elle n'avait si bien ressenti sa puissance, et pourtant celle-ci ne l'intéressait plus guère. Sa fureur et son désappointement la brûlaient à l'intérieur. Elle sentit qu'elle se réchauffait au point de devenir brûlante. Son insatisfaction nourrissait la colère qu'elle entretenait contre elle-même. Elle avait gâché sa vie en suivant les indications idiotes d'un Clan d'écureuils morts, leur avait sacrifié sa famille et son bonheur. La simple pensée de ce gâchis consumait Lune de Miel tandis qu'elle regardait avec aigreur les scènes de combats en contre-bas. Impossible de savoir qui avait l'avantage, des canidés ou des écureuils. La prise par surprise avait certes conféré un avantage non négligeable aux rongeurs, mais la puissance des chiens compensait largement. Qui serait le vainqueur ? Était-ce maintenant et ainsi que se terminerait les lunes de vie dans cette Forêt Ancestrale des écureuils ? La loi du plus fort est toujours la meilleure ... Lune de Miel regarda une dernière fois ce monde qui lui avait appartenu, dans lequel elle avait eu sa place. Un long regard, noyé dans les flammes de la douleur. Le feu brûlait en elle, la lueur et la chaleur qu'il dégageait l'éclaira sur la seule chose qui lui restait à faire. Et elle partit.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 21 Oct - 20:07

Elle avait laissé son frère, non, pas laissé, abandonné. Timo était quelque part autour d'elle, mais elle n'en savait pas plus. Noisette Déchainée aussi avait disparu, lui dans la bataille sans aucun doute, il adorait ça. Et sa sœur ... et son autre frère ... Si en ce moment précis, le cœur de Soupir Joyeux ne lâchait pas à force de cogner trop fort, il résisterait à toutes sortes d'émotions. Seulement, il ne tiendrait peut-être pas : la pression l'obligeait sans cesse à plus accélérer. Autour d'elle flottaient des odeurs à s'empêcher de respirer, ce qu'elle s'abstint de faire car son cœur demandait de plus en plus d'air, du sang, à perte de vue, et des écureuils qui criaient à mort. Devant elle se dressait un chien qui devait être énorme, ses pattes aux griffes démesurées étaient couvertes de sang frais, son pelage semblait le protéger contre les crocs les plus pointus. Mais quand Soupir Joyeux se tordit le cou pour apercevoir la tête de l'animal, elle sentit l'étreinte sur son cœur se refermer encore plus. Elle eu très mal au dos, ses jambes refusèrent purement et simplement de bouger. Elles ne lui appartenaient plus. Au loin quelqu'un gémi, puis elle entendit un bruit sourd. Mais contrairement à ce qu'elle aurait put penser, son cerveau lui appartenait complétement. Loin d'avoir perdu ses capacités de raisonnement, les idées fusaient et s'assemblaient plus rapidement encore que lors d'une situation réelle. Elle n'avait plus le pouvoir sur ses jambes certes, mais elle pouvait encore crier, comme dans un rêve, comme dans ses rêves. Comme dans la réalité aussi, après tout, cette technique avait déjà fonctionné. Elle décida de mettre son plan à exécution. Comme sorti de son corps, elle se voyait prendre une grande inspiration, la plus profonde possible, mais ses poumons n'avaient pas assez d'air pour se remplir, une deuxième grande inspiration, et toujours pas d'air. Respirait-elle vraiment ? Le mal de dos persistait. Il fallait qu'elle crie, c'était indispensable, mais comment faire si ses poumons ne répondaient pas ? Elle avait peur, tellement peur. Un liquide froid coulait le long de son corps, sa respiration n'était pas régulière, la peur avait été si forte qu'elle l'avait ramenée à la réalité. Une réalité différente de celle qu'elle s'était imaginée. Elle était par terre, allongée et couverte de sang. Son dos lui faisait encore très mal et l'air qui rentrait dans ses poumons était à peine suffisant pour irriguer son pauvre cœur affolé. Les détails de sa chute apparaissaient de manière flou dans son esprit, pas assez nourri en oxygène pour les comprendre totalement. Une chose était sûr, son cerveau n'avait pas échappé à la paralysie qui s'était emparé d'elle en voyant le canidé, elle était simplement tombée, et avait perdu connaissance. A partir de là il était facile de rêver ... En même temps que son ventre lui criait famine, son dos lui hurlait "j'ai mal". Mais de tout ça, rien ne l'atteignait, puisque l'anxiété pour ses proches accaparait toute la réserve de douleur qu'elle détenait. C'est donc logiquement qu'elle perdit de nouveau connaissance sur une image de Noisette Déchainée.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Mer 24 Oct - 12:57

Gland du Loup regardait les écureuils dévaler la pente avec de nombreux cris guerriers, ils fonçaient droit sur les chiens. Certes, ils défendaient leur clan, et tout ce qui s'en suivait. Mais c'était idiot. Combien d'écureuils perdaient la vie avant qu'un chien tombe ? Beaucoup trop. Un soupir franchit ses lèvres. Il était peut-être jeune, mais il n'était pas idiot. A ce rythme-là, ils allaient tous tomber, les un après les autres. Son regard terne était las de s'arrêter sur une multitude de cadavre, ou de blessés graves qui hurlaient qu'ils avaient besoin d'aide. Un rictus se dessinait de temps à autres sur le coin de ses lèvres lorsqu'il apercevait un cadavre de canidé, ou l'un tomber. Mais plus que tout, ses yeux chocolats tombaient sur deux dépouilles précises. L'une rousse, l'autre grise, mais toutes deux semblaient enlacées. Il regarda rapidement autour de lui s'il n'y avait pas un des adultes pour l'empêcher de descendre. Mais non, bien sûr que non. Les adultes avaient laissé tous les jeunes sans surveillance. Les muscles tendus, les oreilles frémissantes, Gland du Loup descendit agilement la pente en évitant du mieux qu'il le pouvait les combats, et les crocs des nombreux canidés au regard fou. Il se figea net lorsqu'il aperçut un canidé s'arrêter en face de lui, écumant littéralement. Du sang - sûrement de ses congénères ... - recouvrait son poitrail. Le cœur du jeune gris se compressa douloureusement de peur. Bien sûr, il savait mordre et griffer ... Mais ses connaissances s'arrêtaient là. Il voulut déglutir mais sa gorge était tellement serrée par l'angoisse qu'il arrivait à peine à respirer correctement. Que lui avait-il pris ? Il avait été inconscient sur ce coup, et il risquait d'en payer le prix. Il jeta un coup d’œil vers la Grotte de la Lune, le repère du Clan de la Lune. Soit-disant. Si leurs ancêtres étaient si puissants, pourquoi ne les avaient-ils pas prévenus plus tôt ... ? Et pourquoi restaient-ils spectateurs ? Mais néanmoins, les jeunes n'avaient pas eu - ou pas encore - l'idiotie de le suivre. Il aurait aimé fermer les yeux dans l'attente du coup que le canidé lui réservait, mais un écureuil d'un roux incandescent lui sauta dessus avec une détente impressionnante. Le jeune rongeur gris observa l'écureuil pendant quelques secondes tout en se mettant à battre en retraite vers son objectif, sachant pertinemment qu'il ne lui serait d'aucune aide. L'écureuil en question n'était d'autre que sa chef. Lune de Miel. Elle l'avait sauvé. Il la remercierait plus tard, du moins si elle survivait. La pression sur son petit cœur s'accentua et il frémit brièvement comme revigoré, ou du moins boosté. Il se propulsa d'un bond d'amplitude modeste vers les corps de ses parents. Puis il s'accroupit à côté, assez près du sol pour que les canidés l'estiment trop blessé pour se relever. Il contempla les rongeurs qui furent ses parents d'un regard triste. C'était à peine s'il les reconnaissait. Son père n'était plus l'écureuil gris au pelage luisant de santé à la musculature puissante, mais plus qu'un corps à moitié désarticulé et au visage tordue en une grimace de douleur légèrement apaisée, son pelage était plein de boue et de sang. Sa mère, jadis rousse, n'était plus qu'un corps chétif gadoueux avec de larges plaies béantes. Sans vraiment savoir pourquoi, il tendit la patte vers l'épaule de sa mère et la posa avec délicatesse.

- Maman ... Réveilles toi ... Ne voyant pas de réponse, il continua, Maman ... Je croyais qu'on devait rentrer à la maison tous ensembles ...

Gland du Loup inspira un grand coup, lentement. Et on appelait ça une vie ? A quoi bon, il y avait des conflits en permanence ... Il se sentait tellement vide, et las qu'il n'avait même pas envie de pleurer la mort de ses parents. Il se fraya un chemin parmi les guerriers, les blessés, les morts, et les pattes puissantes des canidés en jouant des coudes de temps à autre. Il se redressa quelques secondes sur ses pattes arrières pour avoir un meilleur angle de vue. Oh non ... Ils n'avaient pas pu faire ça ... ? Les jeunes avaient quitté la Grotte de la Lune, alors qu'ils étaient en sécurité là-haut ! Enfin, lui aussi, mais il n'était pas vraiment un exemple à suivre. Il rejoignit le groupe en grommelant mais une fois arrivé au groupe, il faillit lâcher une injure. Deux canidés les avaient cerné. C'était finit pour eux. Ils n'avaient plus qu'à attendre que la mort vienne les cueillir. Son regard croisa celui d'un jeune guerrier - ou vieil apprenti, il ne savait pas trop - qui s'entêtait à vouloir se relever. Pour les sauver ? Gland du Loup ne saurait le dire. Mais si c'était bel et bien le cas, c'était certes courageux, mais avant tout de l'inconscience totale. Surtout que ledit guerrier - ou apprenti - avait une balafre profonde qui lui barrait tout le flanc, et s'il continuait de se hâter et de bouger comme ça, rien ne disait qu'il survive longtemps sans l'aide d'un guérisseur. Il tomba. Quant à lui, Gland du Loup, se contentait d'observer en spectateur qu'il était, écrasé entre les jeunes qui se resserraient les uns contre les autres. A vrai dire, mourir ne faisait ni chaud ni froid au jeune gris du Clan de l'Aube. Il n'avait pas connu grand chose à part le Siège donc, on ne pouvait pas dire que beaucoup de choses le rattachaient à la vie. Mais voir le guerrier se relever l'étonna à vrai dire. Il pensait qu'il ne se relèverait pas pour être franc. Quelques instants après, l'écureuil courrait, accompagné de plusieurs guerriers, et hâtait les petits à courir vers la Grotte de la Lune tandis que les autres guerriers s'occupaient des chiens. Gland du Loup les suivit à une distance raisonnable, mais en traînant. Leur sauveur perdait trop de sang, et maculait son sillon de son fluide vital. D'ailleurs, il s'effondra devant l'entrée de la grotte, et les petits poussèrent un cri d'horreur en s'agglutinant autour de lui. Le jeune gris les rejoignit après avoir accéléré l'allure et intima aux petits de rester au fond de la grotte avant de traîner leur sauveur un peu plus à l'intérieur en cherchant ce qu'il pouvait bien faire pour l'aider. Il n'était pas guérisseur ! Et même pas apprenti pour être précis. Tout en cherchant un écureuil qui pourrait être guérisseur du regard, il ne put s'empêcher de marmonner à l'intention de son sauveur sans vraiment savoir s'il l'entendait encore ou s'il s'était déjà évanoui.

- Jouer les héros ne sert à rien si c'est pour perdre la vie, c'était idiot de ta part. Mais, merci.

Gland du Loup se positionna bien droit sur ses pattes arrière et crut apercevoir une jeune écureuil accourir à toutes pattes vers eux. L'espoir n'était peut-être pas totalement perdu pour le jeune guerrier ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Lun 29 Oct - 17:44

Le plus fort de tous les écureuils était assis, caché derrière un tronc d'arbre. Il lui était totalement inutile de regarder une bataille qu'il avait prévue, et dont il connaissait déjà la fin : les écureuils perdraient forcément. Puisqu'il avait prévu cette bataille, il avait pu réfléchir mûrement à son attitude lorsqu'elle arriverait. Cette réflexion avait été très courte bien entendu, seuls les écureuils idiots passaient des heures à analyser une situation, mais lui, second-de-la-nature avait des neurones tellement développés que tout s'assemblaient d'un seul coup dans son esprit. Il avait résultait de cette méditation ce qu'il se devait de faire maintenant : Il était impossible de faire comprendre aux chiens qu'il était de leur coté -celui des gagnants- pendant la bataille, en effet, si cela avait était possible, il l'aurait su puisqu'il savait tout. D'autre part, malgré son habilité hors du commun, le risque de se faire toucher et souiller par les combattants existait bel et bien, et si cela venait à se passer, les écureuils et les chiens auraient de quoi s'en vouloir toutes leurs vies, d'avoir abîmé le plus beau cerveau de tous les temps. En effet, Gland Rêveur avait connaissance de tout, et il savait très bien que plus jamais dans l'histoire du monde un écureuil aussi intelligent que lui ne naîtrait. Alors même si le risque était infime au vue de son excellent niveau de combat, les conséquences seraient trop importantes. Imaginez un peu, de l’intelligence gâchée pour une simple histoire de guerre entre écureuils et chiens. Ces même chiens ne comprendraient pas pourquoi il avait fait apparition au milieu de la bataille, ils étaient aussi idiots que les écureuils, voir plus encore. De plus, ce n'est pas à lui de faire le sale boulot, bien qu'il en ait plus les qualités que les écureuils de la caste inférieure, c'était à eux de s'occuper des affaires comme celle-ci. Ils n'étaient que des esclaves de la Mère-Nature après tout, alors que lui était son second. Il valait tellement plus qu'eux. Puis à quoi bon faire des comparaisons, il les dépassait dans tous les domaines, mais ces idiots devaient bien faire quelques chose de leur vie de misérables.
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Devise : Il n'y a que les idiots pour souhaiter plus d'intelligence qu'il n'en ont déjà.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Jeu 1 Nov - 15:16

Sa sœur était parti, et Gland Timoré se sentait plus seul que jamais. Autour de lui les écureuils tombaient ... mais les chiens aussi. Une odeur presque inconnue flottait dans l'air souillée, il ne saurait dire d'où elle venait. En se réfugiant derrière un arbre, il croisa son autre sœur.Alors il la suivit, en sachant très bien qu'elle ne remplacerait jamais sa mère. Ils allèrent un peu plus loin, en retrait de la bataille, pour y rejoindre le groupe d'enfants qui avait quitté la grotte un peu plus tôt. Gland Timoré entendit alors un cri bien connu : celui du petit ami de soupir Joyeux. Lui aussi subissait beaucoup, et le jeune écureuil en avait mal au cœur pour sa sœur. Tout comme Noisette Déchainée, sa respiration se faisait de plus en plus saccadée, jusqu'à ce qu'il ne la maîtrise plus du tout. C'était comme la dernière fois, lorsqu'il avait oublié comment on marchait, et bien maintenant, alors que ça n'était pas du tout le moment, il oubliait comment respirer. Comment pouvait-il oublier quelque chose qu'on n'apprenait même pas, quelque chose d'innée ? C'était tellement plus facile quand on était petit, ne jamais réfléchir, juste suivre un instinct. Au milieu de la bataille, personne ne verrait jamais qu'il avait des difficultés à inspirer, à expirer, tout ceci avait perdu de son mécanisme. Mais bien sûr, il fallait qu'il pense à autre chose, autre chose qui lui ferait oublier de respirer, et alors, comme par magie, oublier de respirer ferait revenir le mécanisme de la respiration. Et quoi de mieux lorsque l'on veut penser à autre chose que sa respiration qu'une bataille sanglantes devant soi ? Gland Timoré choisi Noisette Déchainé, il le fixa, analysa tous ses gestes. C'était horrible, sans s'en rendre compte, le puissant écureuil prenait des coups, encore et encore, et pourtant il continuait à gesticuler comme il pouvait. La respiration de Gland Timoré accélérait, mais elle était régulière, alors il la sortit tout de suite de sa tête et se concentra sur la bataille. En si peu de temps qu'il avait perdu de vue l'apprenti, il avait raté un épisode clé du combat : le chien se dirigeait vers le groupe d'enfant dont il faisait parti. Le jeune écureuil comprit alors qu'il ne risquait plus de penser à sa respiration dans les minutes que suivraient, il y avait bien plus oppressant autour de lui ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 18 Nov - 14:02

Le soleil se levait, péniblement, les ténèbres se faisaient moins menaçantes. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Soupir Joyeux découvrit qu'elle était légèrement en retrait par rapport à la bataille. Son ventre lui faisait mal, mais quelqu'un l'avait soignée, c'était impossible d'en douter. L'angoisse n'avait pas disparue durant son sommeil forcé, et en plus des douleurs sur la totalité de son corps, son estomac lui criait famine. Après tous ces épisodes liés à ces rêves, la jeune écureuil avait du mal à croire ce qu'elle voyait, d'autant plus qu'il ne paraissait plus y avoir aucun chien debout dans cette vallée. Quelqu'un l'avait déplacée, certainement l'écureuil qui l'avait aussi soigné, car elle n’apercevait plus l'entrée de la Grotte. Et là où il l'avait emmenée, il n'y avait pas la trace d'une étincelle de vie chez un seul des chiens à terre. En revanche, certaines toutes petites boules de poils remuaient faiblement, et elle en faisait partie. Les bruits de la bataille se faisaient de plus en plus faibles, de plus en plus espacés. Allait-elle une fois de plus tomber dans les pommes? Non, pas cette fois-ci, les chiens se faisaient vraiment plus silencieux. L'écureuil inquiète chercha des membres de sa famille autour d'elle mais ne remarqua personne de proche. En s'attardant sur un visage, elle vit une série de grimaces très équivoque : cet écureuil souffrait le martyre, elle se devait de l'aider. Se forçant à n'écouter que son cœur, bien que son ventre criait beaucoup plus fort, elle se traîna jusqu'à l'écureuil à l'agonie. Elle n'avait aucune connaissances en médecine, alors elle fit l'unique chose qu'elle pouvait faire et qu'elle savait faire, elle écouta les plaintes presque inaudibles et réconforta ce qui était réconfortable.

- Ça ira, j'ai été soignée moi, quelqu'un va arriver, la bataille est finie.

Des gémissements et encore des gémissements, uniquement des gémissements, rien d'autre ne pouvait sortir de cette bouche. La sang prenait déjà tant de places, comment pouvait-il encore sortir un son ?

- Continuez à lutter, s'il vous plait, vous serez fiers d'avoir tenu, vous avez encore plein de choses à vivre, on vous soignera, vous vivrez.

Elle disparu, plus aucune lumière ne brillait dans ses yeux. Ceux de Soupir Joyeux laissèrent échapper des larmes, des connaissances simples auraient put sauver cet écureuils, mais elle n'en avait pas une seule ... Une pointe de culpabilité lui perça le cœur. Vite oubliée. Une jeune écureuil arrivait, debout, solide, elle portait un combattant dans ses bras, un combattant qui aurai dut être debout et solide. Sauf que Noisette Déchainée était allongé et mous dans les bras de sa sauveuse ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 18 Nov - 20:03

Feuille de Menthe ne savait plus ou donner de la tête. Elle était prise dans un tourbillon de mouvements et de couleurs qui lui faisaient tourner la tête. Autour d'elle, de multiples combats, souvent plusieurs écureuils contre un seul chien, plus rarement des duels. Et les combattants tombaient comme des mouches. Entre les blessés qu'elle devait secourir, les canidés qu'elle devait éviter, et ses feuilles miraculeuses rapportées de la Ville des Bipèdes dont elle imprégnait rapidement tout écureuil passant à sa portée, la guérisseuse avait bien trop à faire pour s'accorder un seul instant de répits. Impossible de savoir à qui la victoire se donnerait, les écureuils étaient trop emmêlés les uns avec les autres pour distinguer quoi que ce soit. Feuille de Menthe essayait de demeurer impassible, mais la vue des cadavres et des mourants autour d'elle lui tournait le cœur. Bien sûr, elle savait que ce serait un carnage, mais le voir de ses propres yeux était bien plus horrible encore. Mais contrairement à ses habitudes, l'écureuil beige ne doutait pas. Elle savait qu'elle avait eut raison de lancer cette bataille, et elle croyait qu'il existait une chance de la remporter. Depuis qu'elle avait reçu ce don de guérisseuse, Feuille de Menthe voyait de façon bien plus lucide ce qu'elle devait faire. Elle devinait aussi partiellement quelque lambeaux de l'avenir d'un écureuil ou l'autre alors qu'il passait devant elle. C'était très perturbant, et l'écureuil du Clan des Nuages n'avait pas le temps de chercher comment bloquer ces visions intempestives. D'un bond rapide plus que puissant, Feuille de Menthe esquiva un chien qui se jetait sur elle, pour s'approcher d'un blessé à quelque pas d'elle. Immédiatement, l'odeur écœurante du sang bondit à ses narines sensibles. Prenant sur elle, la guérisseuse s'efforça d'inspecter les blessures du rongeur, dont la chair à nue faisait jaillir des ruisseaux pourpres. Bien trop profondes et trop nombreuses, les entailles n'auraient jamais l'occasion de se refermer. Mais comment avouer à un des siens que son heure était venue ?! Feuille de Menthe marmonna une phrase qui devait signifier qu'elle allait revenir, et elle s'éloigna rapidement, gardant imprimé sur ses rétines les horreurs commises par les chiens. Privée des plantes qu'elle utilisait habituellement, Feuille de Menthe se sentait de plus en plus inutile. Les multiples blessures des écureuils autour d'elle auraient eu besoin de remèdes, mais les seules plantes qu'elle avait réussi à trouver dans les parages étaient épuisée depuis longtemps. Soudain, l'écureuil au pelage beige cru apercevoir comme une armée de mini-combattant. Haletante, elle se rapprocha d'eux et cru devenir folle ! Les jeunes et stupides écureuils étaient sortis de la Grotte de la Lune où ils étaient en sécurité pour observer la spectacle ! Et à présent, ils étaient encerclés par des chiens langues pendantes, prêts à faire un bon repas !

- Mais qu'est-ce qu'ils ont dans la tête, ceux-là !
bougonna la guérisseuse avec une voix rendu rauque par l’essoufflement.

N'avait-on pas idée d'être aussi insouciant, alors que la guerre faisait rage à côté ?! Comme si Feuille de Menthe n'avait que ça à faire d'aller aider des petits égarés, alors que des vies s'envolaient tout autour d'elle, faute de soins ! Et où étaient donc les écureuils sensés les surveiller ? Ils ne pouvaient tout de même pas être sorti de la Grotte sans laisser quiconque pour la garder ! "Et c'est toujours sur les mêmes que ça retombe" pensa la guérisseuse, contrariée. Non pas que cela la dérange de porter secours aux jeunes en détresse, mais tellement de guerriers avaient besoin de ses soins, à l'heure qu'il était ! L'écureuil beige était encore bien de loin de la scène que déjà quelques guerriers s'attaquaient aux canidés. Heureusement, ils réussirent à les faire fuir et se dispersèrent dans la mêlée avant même que Feuille de Menthe arrive enfin. Elle secoua la tête d'un air mécontent en fixant sévèrement les petits. Elle n'avait pas le temps de les réprimander mais leur fit clairement comprendre qu'elle n'était pas satisfaite de leur comportement suicidaire. Tout en les bousculant légèrement pour les presser de rentrer à l'abri, Feuille de Menthe distingua un guerrier évanoui au milieux des jeunes affolés. Trop apeurés pour faire attention, ils manquaient à chaque pas d'écraser le guerrier. Soupirant, la guérisseuse du Clan des Nuages laissa les jeunes où ils étaient, à présent un peu plus à l'écart du centre du carnage, et retourna s'occuper du jeune guerrier. Il était de constitution robuste mais son pelage roux avait été déchiré par une patte griffue et sur son flanc béait une flagrante entaille. S'emparant de quelques feuilles autour d'elle, Feuille de Menthe entreprit de nettoyer la plaie de toute la poussière et des brindilles accumulées. Elle tenta ensuite de refermer la plaie du mieux qu'elle put. Pour le moment, elle ne pouvait faire grand chose d'autre. Il n'y avait plus aucune pousse de basilic, la saison était passée, et pourtant elle en aurait bien eu besoin pour désinfecter cette griffure profonde. Pas plus de mille-feuille ou de pervenche, à peine quelques bouquets de thym rabougri qui ne suffisaient pas pour tous les blessés. Avec délicatesse, Feuille de Menthe se recula, larmes aux yeux. Même à l'aide de son savoir nouvellement acquis, elle ne pouvait faire mieux ?! Et elle continua, observant et réconfortant plus les blessés qu'elle ne les soignait. Ils étaient si nombreux que l'écureuil du Clan des Nuages fini par se demander comment il pouvait encore rester des combattants, et pourtant les combats continuaient, bien que, il est vrai, quelque peu plus clairsemés dans la Clairière. Entre deux blessés, Feuille de Menthe s'arrêta. Il n'y aurait donc pas de fin ?! La bataille avait commencée avant même que le soleil soit au zénith, et à présent il avait presque disparu parmi les Tilleuls. Toujours essoufflée, elle ferma les yeux quelques secondes ... et ne put esquiver totalement les longues griffes aiguisées tendue vers elle. Feuille de Menthe serra les deux tandis que la douleur résonnait dans tout son corps. Un écureuil au pelage noir vint à son secours, et la guérisseuse reconnu Pupille Obscure, plus puissant que jamais. Il ne semblait pas avoir la moindre éraflure, mais peut-être était-ce tout simplement parce qu'il aurait été difficile de les distinguer parmi l'amas de cicatrices qu'il portait. Serrant les deux, l'écureuil beige tendit au solitaire les dernières feuilles de platane dont elle disposait et reprit ses occupations. Les pattes ainsi libérées, elle avançait plus vite et était plus efficace, ce qui n'était vraiment pas un mal étant donné la situation. Soudainement, Feuille de Menthe prit conscience qu'elle n'avait pas aperçu le moindre guérisseur sur le champs de bataille ou à côté, et qu'elle était la seule à avoir soigné des blessés. Mais où étaient donc ses collègues des autres Clans ? Et petit à petit les combats se firent moins nombreux, même si le nombre de morts et de blessés continuait de croitre. Bientôt, la guérisseuse commença à rassembler les blessés en les portant, de sorte qu'elle puisse les surveiller tout en évitant de courir tout autour du champs de carnage. Et tout à coup; ce fut la retraite. Tous les canidés encore debout fuyaient en hurlant en direction de leur camps, dans la Ville des Bipèdes. Feuille de Menthe ne ressenti aucun élan de joie. Elle ne pouvait pas se sentir fière de les avoir fait fuir puisqu'elle ne s'était pas battue, et pour elle la tâche était loin d'être terminée. Elle passa en détournant de regard de la dépouille de sa chef, Lune du Matin, et sentit les larmes couler sur son visage avant d'être consciente qu'elle pleurait. Déjà, les guerriers alignaient les cadavres de leurs compagnons de fortune, tout Clan confondu. Feuille de Menthe souleva le dernier blessé, celui qui était tombé évanoui aux côtés des jeunes. Ce n'est qu'alors qu'elle identifia Noisette Déchaînée, et non pas un guerrier comme elle s'y attendait. Il pendait mollement entre ses pattes tandis qu'elle le posa délicatement à côté des autres. C'est alors qu'elle remarqua Soupir Joyeux.

- Je suis désolée ... murmura la guérisseuse tout en posant une patte affectueuse sur l'épaule de la petite amie du blessé. Il a une chance de s'en sortir, tu sais ? Tu ne dois pas perdre espoir !

Oui, une chance de s'en sortir ... Mais elle était très faible, étant donné tous le sang que l'apprenti avait laissé derrière lui. Détournant son regard de l'écureuil éplorée, Feuille de Menthe s'en fut réconforter d'autres familles ou plutôt d'autres écureuils à présent sans famille. Pourtant, quelque chose ne tournait pas rond, la guérisseuse en avait conscience, mais ce n'est que lorsqu'elle aperçu côte à côte les corps de Lune Éternelle et Lune du Matin qu'elle comprit. Où donc étaient les chefs, et leurs lieutenants ? Il ne pouvaient pas avoir tous rejoint le Clan de la Lune, ce n'était pas imaginable ! Que se passerait-il alors ?! Mais alors que Lune de Miel apparu, suivie de près par Perle Ambrée. Et le silence se fit, chacun attendant sans le moindre mouvement que la chef se mette à parler.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Ven 4 Jan - 19:14

Les chiens partaient, et dans leur élan, cette horrible puanteur dont Gland Timoré ne connaissait pas l'origine. Les écureuils à terre étaient bien plus nombreux que ceux debout. Quant à ceux qui paraissaient indemnes, leur nombre approchait zéro, tous étaient tombés, tous saignaient. Au loin, derrière un arbre, un écureuil semblait physiquement en bonne santé, il souriait, mais son cœur devait être triste. Gland Timoré connaissait ce chanceux, il l'avait déjà croisé et il en gardait un mauvais souvenir, des yeux de manipulateur. Mais personne n'échapperait à cette peine-là, même pas l'écureuil le plus insensible de la Terre. Parmi cette masse d'écureuils, morts et vivants, certains aidaient, beaucoup pleuraient, tous souffraient. Gland Timoré lui ne pleurait pas, pourquoi ? Il n'en avait aucune idée, les larmes coulaient sur ses joues à la moindre contrariété mais aujourd'hui il en était incapable. En revanche, il souffrait atrocement, au fin fond de son cœur se réunissaient toutes les douleurs de tous ceux qui avaient perdu un être cher. Leurs peines seules devaient être immenses, alors toutes réunies, elles en devenaient démesurées. Le jeune écureuil choisit d'aider, pour une fois qu'il pensait pouvoir être utile. Sa timidité refoulée au plus profond de lui, certainement au cœur de l'amas de peine qui s'y était formé, il s'approchait des victimes, il les rassurait, en aillant peur de dire des bêtises car la communication n'avait jamais été son fort, puis il les examinait. Les connaissances s'accumulèrent très vite, remplaçant petit à petit le nœud dans son cœur. Elles lui faisaient du bien et faisaient certainement beaucoup de bien aux écureuils qu'il tentait de soigner. Gland Timoré sentaient que jamais il ne s'était senti aussi bien au milieu d'une foule d'individus, était-ce car tous étaient trop occupés à pleurer leurs proches et ne pouvaient donc pas l'observer ou bien cette tragédie l'avait-elle changé tellement profondément qu'il pourrait à présent vivre une "vie normale", sans analyser en permanence le monde qui l'entourait ?
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Devise : Pourquoi douter des songes ? La vie, remplie de tant de projets passagers et vains, est-elle autre chose qu'un songe ?
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 19 Jan - 18:15

Plume de Phénix bondit avec rapidité pour se jeter au cou du canidé face à lui avant de reculer tout aussi rapidement. La méthode de combat, héritée du solitaire au pelage noir, blanc et roux qui s'était joint au combat, ne manquait pas d'efficacité. Cependant ce n'était rien à côté de la mixture de feuilles étranges dont la guérisseuse du Clan des Nuages avait enduit le pelage des guerriers, et qui semblait avoir un pouvoir quasi surnaturel sur l'extermination de la Meute du Sang. Le guerrier du Clan de la Source frissonna. Il n'aimait guère à penser qu'il portait sur lui ce poison trop efficace à son goût pour ne pas être toxique pour les écureuils aussi. Au moins, Plume de Phénix ne pouvait pas en nier l'intérêt, même s'il se demandait comment les écureuils débarrasseraient ensuite leur pelage de cette mixture gluante à l'odeur peu appétissante. Esquivant d'un bond une attaque puissante et griffue, le guerrier se prépara à sauter à nouveau à la gorge de son adversaire. Malheureusement pour lui, c'est précisément le moment que choisit le canidé gris pour changer de victime, de sorte que Plume de Phénix fit un magnifique vol plané dans la gadoue qui jonchait le sol à l’instar des multiples cadavres. Grommelant, il se releva d'un coup pour faire un saut de côté avant d'être transformé en chair à corbeaux. Ces chiens n'avait aucune vision du combat loyal. De dos ou même à terre, aucun écureuil n'échappait à leur folie meurtrière. Enfin, pour le moment le guerrier du Clan de la Source ne se débrouillait pas si mal puisqu'il était encore debout. En revanche, il lui était absolument impossible de savoir de savoir ce qu'il était advenu de ses camarades de combat et de ses enfants. La pluie noyait tout le paysage dans une brume froide et humide, et le sol était tellement liquide qu'un jeune aurait pu s'y enfoncer tout entier. Avec un grognement de rage, Plume de Phénix repartit à l'attaque. Devant ses yeux fatigués, tant d'écureuils morts au combat qui s’empilaient au sol sans le moindre ordre ! Il ne pardonnerait jamais à la Meute du Sang tout ce carnage, et se promit d'exterminer le moindre chiens qui oserait encore prétendre à la possession de la forêt des écureuils. En attendant, il tendit ses muscles et relança ses multiples attaques qui harassaient les chiens à peu près autant que lui-même. Petit à petit, les muscles du guerrier se mirent à trembler de plus en plus, sa respiration se fit sifflante. Au fur et à mesure que l'excitation du combat pour leur liberté était remplacé par la fatigue, il sentit qu'il devenait moins efficace, moins rapide à réagir. Ses attaques étaient moins précises et moins puissante. Cependant l'écureuil roux ne prit vraiment conscience qu'il lui fallait se reposer lorsqu'un voile noir sembla se déposer sur ses yeux et qu'il sentit le sol tanguer sous ses pieds. Mais où se poser, s'arrêter ne serait-ce qu'un instant ? Les halètements du guerrier ne s'entendaient guère parmi les grognements du combat et les chocs entre les ennemis. Il ne vit pas le coup venir, mais il sentit tout à fait sa chair s'ouvrir en deux sous les griffes aiguisées d'un énorme chien noir. Plume de Phénix eu juste la force de se traîner sur un talus d'herbe rendu glissant par la pluie et de fermer les yeux en essayant de ne pas voir les torrents vermeils qui coulaient du sommet de sa tête. Il dû perdre connaissance un instant puisque lorsqu'il rouvrit les yeux, il lui sembla que les adversaires étaient moins nombreux, ou du moins moins nombreux debout. Plume de Phénix fit quelques pas et constata que ses muscles, bien que courbaturés, lui permettaient de retourner au combat. Il pouvait combatte à nouveau, non, il devait combattre à nouveau ! Il se releva, la tête haute, et fonça au centre de la clairière où les combats avaient encore lieu. Il croisa le regard interloqué d'un canidé qui se demandait probablement comment Plume de Phénix pouvait encore vivre avec l'entaille énorme qui lui cisaillait la tête. Au passage, le guerrier croisa un chien étendu sur le flanc qui luttait pour reprendre son souffle. Son pelage, autrefois beige, était constellé de goutte de sang et de boue. Ses flancs énormes se soulevait à chacune de ses respirations difficiles comme une vivante montagne. Sa tête, sur laquelle on devinait encore la couleur initiale de ses poils, reposait lamentablement à même le sol, mais le regard qui y brillait était encore clair et plein de vie. Détournant le tête, Plume de Phénix l'acheva. Il ne put cependant s'empêcher de regarder une dernière fois la carcasse qui tressautait tandis que la vie du chien s'en allait. Plume de Phénix se dirigea vers les combat d'un pas rapide. Plus que tout, il voulait se battre pour oublier le dernier regard du chien qu'il avait tué. Mais ses pensées ne se contrôlaient pas avec la même facilité que ses muscles, et le guerrier se questionnait involontairement. Est-ce que, sous le prétexte de se libérer de l'envahisseur, les écureuils n'étaient-ils pas en train de devenir comme leur ennemis ?! Avait-il le droit de tuer un être vivant à genoux, fuisse-t-il son ennemi juré ? En plus, il ne le connaissait même pas. Peut-être avait-il une famille lui aussi, une famille qui pleurerait sa disparition et dont les larmes alimenteraient les ruisseaux de ses songes de rongeur ? Et lui, qu'avait-il ? N'aurait-il pas fallu que ce soit lui qui soit tué à la place du chien inconnu ? Les deux femmes qu'il avait aimé étaient mortes chacune son tour en le laissant seul et désemparé avec des enfants qu'ils n'avait pas voulu. Sa propre fille l'avait renié pour aller vivre dans un clan voisin, et au moins l'un de ses fils n'était pas normal. Et pourtant c'était lui qui vivait et le canidé beige qui était mort. Tentant d'oublier ses pensée, Plume de Phénix se relança dans la bataille.
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 26 Jan - 21:17

Pupille Obscure ferma les yeux sous la douleur en sentant les pattes du chiens lui labourer le ventre. Se tortillant au sol, il parvint péniblement à s'extraire des pattes griffues et sans pitié. Un coup de rein brutal, et il fut debout à nouveau. Sans perdre un instant, il fila sans demander son reste et son adversaire le perdit dans la mêlée. Contrairement aux écureuils des Clans, le solitaire n'était pas du genre à s'acharner sur un adversaire dont il reconnaissait la supériorité. Quand on vit seul, une simple blessure est souvent fatale. Un solitaire ne se bat que pour vaincre, sinon, il part. Une simple question de survie. Pupille Obscure chercha des yeux une proie moins rapide que celle qui l'avait attaquée, tout en évitant de se faire occire par une déloyale attaque dans le dos. Soudain, une ouverture dans la mêlée lui laissa entrevoir une écureuil rousse. Grande, les yeux brillant, elle attaquait sans peur un canidé au moins dix fois plus grand qu'elle. C'est son regard déterminé, si familier, qui frappa Pupille Obscure, comme la foudre qui s'était déjà abattue. Figé, il fut sur le point de crier "Lune Scintillante !" avant de se rendre compte de la stupidité de son geste. Outre le fait qu'elle ne l'entendrait pas entre les gémissements et les hurlements, un éléments clochait ... Lune Scintillante était morte, il y avait déjà bien des lunes. Ou en tout cas, c'est ce qu'il avait toujours cru ... Mais oui, sinon Lune Éternelle n'aurait pas été chef du Clan de la Source ... Titubant, le solitaire au pelage noir, brun et blanc tenta de la rejoindre, ses pensées se bousculant comme les silhouettes floues qui se battaient autour de lui. Lune Scintillante ne pouvait de toute façon pas les avoir délibérément abandonnés, lui et leur fille !? D'ailleurs, son cœur se serra à cette pensée. Sa fille était morte quelques lunes auparavant, tuée par la Meute du Sang après avoir été séparée de son père. Une raison largement suffisante pour haïr les chiens à jamais, s'il n'en avait pas eu quelques centaines d'autres. Les yeux du solitaire s'emplirent de larmes qu'il chassa avec colère. Il n'avait jamais été un grand sentimental, et avait refait sa vie sans regarder derrière lorsqu'elle avait été une première fois bouleversée, mais ce deuil-là, il n'arrivait pas à s'en défaire ... Sa fille, sa plus grande fierté, pour qui il aurait donné sa vie sans même hésiter, n'était plus. Il fallait qu'il se fasse une raison et arrête de l'imaginer comme elle aurait pu être à l'heure actuelle, probablement une guerrière déjà, si elle avait appartenu à un clan, ou une solitaire expérimentée si elle était restée avec lui. Il s'était promis de lui laisser le choix de sa destinée, de la laisser choisir. Il aurait préféré la savoir heureuse dans un des quatre Clan de la Forêt Ancestrale plutôt que malheureuse avec lui. Peut-être même aurait-elle pu rejoindre le Clan de la Source, d'où sa mère était originaire, si tout s'était déroulé autrement ... Oui, c'est sûrement ce qu'elle aurait fait. Elle serait devenue une guerrier digne de son nom, prête à sacrifier sa vie pour le bien de son Clan ... Au lieu de ça, elle avait bien sacrifié sa vie, aucun problème de ce côté-là, mais elle n'avait même pas eu l'occasion d'être heureuse. "Sales chiens" pensa hargneusement Pupille Obscure avant de réaliser que pendant qu'il rêvassait, l'écureuil, qui qu'elle soit, avait disparu dans la foule de rongeurs et canidés sanglants.

* On aurait dû se débrouiller pour tous les tuer autrefois. Faire taire notre fierté, demander de l'aide aux quatre Clans de la Forêt dont nous n'ignorions pas l'existence ... Stupide orgueil qui ne nous conduit qu'à la perte ! *

Les chiens, incarnations du cauchemar qui avait été sa vie. Depuis ce premier soir où ils les avaient aperçu ... Les premiers canidés ... Au départ, ils ne les avaient pas prit au sérieux, ils avaient pensés que la Meute partirait d'elle-même. "Ce qu'elle a d'ailleurs fini par faire, notons-le bien", remarqua le solitaire. Seulement elle n'était partie qu'après avoir tué les écureuils présents dans la contrée lointaine. Pupille Obscure n'avait eu la vie sauve que par pur hasard et s'était retrouvé seul avec son frère dans un lieu hostile où il ne pouvait rester. Ils s'étaient donc mis en route vers la Forêt Ancestrale où ils savaient que résidait d'autres Clan d'écureuils, donc que les ressources étaient suffisantes. Arrivés là-bas, les deux frères s'étaient séparé, le frère de Pupille Obscure au côté d'une belle écureuil bannie de son clan pour des motifs suspects. Les Clans auraient pu accueillir le solitaire s'il l'avait voulu, mais il ne s'était jamais joint à eux. Manque d'intérêt ? Pas sûr. Mais Pupille Obscure n'avait jamais eu l'assurance de son frère Pelage Automnal. Il n'avait pas osé se rapprocher d'un Clan. Et il n'était pas sans ignorer que les solitaires n'étaient pas les bienvenus parmi les écureuils natifs des Clans ... Pelage Automnal aurait sûrement rejoint un Clan, lui, s'il n'avait pas rencontré sa moitié dans cette solitaire livrée à elle-même. Aurait-il été plus heureux ? D'ailleurs, était-il heureux aujourd’hui avec elle ? Depuis ce jour, Pupille Obscure n'avait jamais eu de nouvelles d'eux deux. Ils pourraient être morts ou partis à l'autre bout du monde aujourd'hui sans qu'il le sache. Il ne pensait pas souvent à eux, il savait que leurs vies s'étaient séparées à jamais. Il n'espérait même pas les revoir.

* A chacun son destin, à chacun sa vie comme sa propre épreuve. On est toujours seul dans sa destinée, le reste est illusoire ... *

Pupille Obscure secoua sa tête ornant les cicatrices qu'il avait gagné au combat, les nombreux combats qu'il avait fait et gagnés. C'était aujourd'hui, alors qu'il se battait avec les membres des Clans, qu'il se sentait plus seul que jamais dans son cœur. Toutes ces silhouettes autour de lui, et il n'en reconnaissait aucune ! Qui était-il pour se joindre à ces écureuils qui ne le connaissaient pas et qui, le gros écureuil qu'il avait aidé tout à l'heure lui avait bien fait comprendre, ne l'accepterait jamais comme l'un des leurs ? Sans doute se posait-il trop de questions, sans doute lui suffirait-il de vivre, éternellement seul, gardant comme un trésor les souvenirs de Lune d'un Soir, Pelage Automnal, Lune Scintillante, Lune Éternelle et Gland de Cristal ... Le solitaire essuya d'un mouvement rageur une larme qui perlait à ses yeux et se jeta à l'attaque pour tenter d'oublier que sa vie fuyait et qu'il n'en avait rien fait dont il puisse être fier ...
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Jeu 31 Jan - 21:05

Lune de Sanglots jeta sa patte, griffes tendues, vers la gorge de son adversaire canin qui s'écroula au sol avec un bruit sourd. "Un de moins", grogna le chef du Clan du Sable. Il devait bien reconnaître que la technique apprise par le solitaire était, et de loin, la plus efficace. Il ne comprenait toujours pas ce qui avait bien bien pu décider le solitaire au pelage noir et brun à se joindre à la bataille. Vivant seul, il n'était tout de même pas menacé par la Meute du Sang, non ? Auquel cas, il n'avait de toute façon qu'à aller vivre ailleurs. C'était bien connu, les solitaires n'avaient pas d'attaches à un quelconque territoire de toute façon. A moins que tout ce qu'on lui avait raconté depuis toujours sur les solitaires soit faux ... Lune de Sanglots commençait à remettre en doute ce qu'il considérait depuis toujours comme tout à fait évident. Il lui était plusieurs fois arrivé de chasser sans pitié un écureuil solitaire aventuré sur ses terres, les accusant de vol et d'espionnage ... Peut-être demandaient-ils seulement de l'aide ? L'écureuil fronça le front, presque soucieux. Qui aurait jamais cru qu'il pourrait remettre ainsi en question ses convictions ? Il faut dire que les temps y étaient propices. Chassé de son Clan par une inondation, puis de son territoire d'accueil par une bande de bipèdes déchaînés, il était maintenant attaqué par une meute de chiens enragés ... Il avait toujours vécu dans le Clan du Sable, où il avait grandi. Il n'avait jamais voyagé en dehors des frontières ... Le monde s'arrêtait-il vraiment là où l'avait si longtemps pensé ? Le meneur au pelage brun leva la tête vers la pluie qui ne tombait plus qu'en une fine bruine tout en se demandant si il connaissait vraiment la terre sur laquelle il vivait. Tout ce qu'il savait, il l'avait appris de ses aînés. Et maintenant ? Le temps n'était-il pas venu pour lui de quitter les traces qu'il avait trop longtemps suivies ? Le temps de prendre son indépendance, de vivre une vie qu'il avait trop longtemps méprisée ?

* Avec elle, j'irai au bout du monde ... Je l'aime ... * se rendit soudain compte le chef du Clan du Sable.

Comme en réponse à ses pensées, il aperçu sa silhouette gracile combattre un chien en face de lui. Perle d'un Soir. Tout en volant à un secours dont elle n'avait pas besoin, il ne put s'empêcher de laisser son regard croiser son visage ... avant de la contempler rêveusement. Dans le combat, elle semblait tellement à sa place, chacun de ses gestes dictés par une extrême précision, ses réflexes montraient qu'elle avait sa place parmi les plus grandes guerrières. Avait-il le droit de lui demander de quitter tout ce qu'elle venait de retrouver, un Clan, un nom, un rang ... juste pour vivre avec lui ? Lune de Sanglots aurait tout abandonné pour elle, mais elle ... qu'allait-elle faire ? Peut-être avait-elle des amis précieux dans son nouveau Clan, des amis que Lune de Sanglots n'aurait jamais eu ... Il n'aimait pas y penser, mais dans son enfance il avait toujours été le bouc émissaire des autres écureuils, rejeté et moqué de tous. C'est fou ce que les enfants peuvent être cruels les uns envers les autres ... Pour se venger de cette enfance malheureuse, le chef s'était battu corps et arme pour devenir le meilleur. Il s'était fixé pour objectif de dépasser tout le monde. Et cela avait payé, puisque Lune Épineuse l'avait nommé lieutenant. Toutefois, même aujourd'hui, Lune de Sanglots ne savait pas si la pitié n'avait eu sa place dans la décision de la précédente chef. La pitié ... Un mot qu'il détestait pour l'avoir trop côtoyé ... Le pelage du guerrier se hérissa. Jamais plus il ne laisserait quiconque avoir pitié de lui ! En ce moment en tout cas, il était plutôt craint que prit en pitié, il fallait bien reconnaître qu'au premier abord Lune de Sanglots n'était pas l'écureuil le plus sympathique. Mais une fois qu'on avait appris à le connaître ou plutôt qu'il avait appris à vous connaître, il pouvait se révéler un très bon ami ... ou plus. Soudain, Perle d'un Soir leva la tête et son sourire illumina le cœur du chef. Elle avait l'air si heureuse de le voir ! D'un bond agile, elle le rejoint pour se jeter dans ses bras musclés. Peu importaient les témoins, ils étaient tous trop occupés à se battre pour faire attention à eux. L'odeur parfumée de la lieutenante éveilla des souvenirs délicieux dans la mémoire du meneur au pelage brun ... Une clairière sous la lune, eux seuls au milieux, goûtant avec délice l'herbe fraiche sous leurs corps enlacés ... Lune de Sanglots la regarda intensément, se demandant pourquoi il l'aimait autant. Et il ne pouvait plus supporter devoir se séparer d'elle. Non, il voulait partir avec elle, là, maintenant, tout de suite !

- Partons ... Partons ensemble ! C'est maintenant ou jamais, Perle d'un Soir ! Es-tu prête à tout quitter pour me suivre ?

Lune de Sanglots était calme, plus calme qu'il ne s'était jamais sentit depuis bien longtemps. Son destin reposait à présent dans le choix de sa compagne. Celle-ci jeta un regard inquiet autour d'elle, "sans doute à la recherche de sa chef", songea amèrement le meneur du Clan du Sable. Mais Lune de Miel n'était nulle part en vue. Il regarda Perle d'un Soir dans les yeux, profondément, et lui envoya mentalement tout l'amour qui l'emplissait. C'était son choix, elle seule pouvait choisir où son cœur l'emmènerait. Appartenait-il à Lune de Sanglots, ou à son Clan ?

- Quoi que tu choisisses, je t'aimerai autant, Perle d'un Soir. C'est à toi de décider ... Moi, ma décision est déjà prise.

Un instant interminable, Lune de Sanglots crut que la lieutenante du Clan de l'Aube allait refuser ... Mais quelque chose sembla soudain la décider, et un sourire naquit sur son beau visage tandis que les combats les entouraient.

* - Je te suivrai au bout du monde s'il le faut ... Je t'aime ! *

Le chef du Clan du Sable la serra dans ses bras avant de l’embrasser tendrement. Le parfum tenace de sa compagne l'enivra jusqu'à lui faire oublier où il était. Son soulagement était intense, à présent il sentait qu'une page de sa vie était en train de se tourner. Ironie du sort, il avait toujours été solitaire dans son propre clan, et à présent qu'il choisissait la vie de solitaire, il ne s'était jamais senti plus entouré. Et soudain, main dans la main, les deux écureuils partirent en bondissant à travers les fourrés, sans un regard en arrière pour ce qu'ils laissaient derrière eux, à la rencontre de la vie qui les attendait. L'amour était leur nouvelle religion, et pour elle ils se sentaient prêts à voyager ensemble pour l'éternité.
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Devise : Ah les croco, ah les croco, ah les crocodiiiles, sont au bord du Nil ils sont partis n'en parlons plus !
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Dim 3 Fév - 14:12

Croc de Sang rigolait, il venait de comprendre que son chef allait mourir. Il allait donc être le chef du Clan du Sang :

- Je suis débarrassé de cet ordure de chef ! Je suis le roi du monde !!

Il criait à s'étouffer, puis un souvenir effaça sa bonne humeur :

* Et si c'était un rêve, comme à chaque fois ... *

Il alla donc voir Griffe Ensanglantée. Il lui bougea une patte, aucune réaction de la part du chef ... Croc de Sang était donc rassuré.

- Sale ordure de chien ! Je suis le chef maintenant !

Le chien partait donc la tête haute, jusqu'à ce qu'un écureuil lui saute dessus. Il revint vite à la réalité. Il se battait, comme tout le monde, mais il n'en avait aucune envie. Il aurait eu envie de rentrer chez les bipèdes et de prendre un bon repas. Jouer avec son voisin le chat, il était beaucoup plus drôle que cette bande d'écureuils complètement fous et carnivores. Il mit un coup fatal à l'écureuil, puis fit signe aux autres chiens de partir. De toute façon il ne restait plus beaucoup de chiens, ils étaient vaincus. Croc de Sang ne l'aurait jamais avoué, mais c'était vrai ! Tous les chiens partaient donc ... Mais peut être pas pour toujours !
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   Sam 1 Fév - 21:12

[ Par ici, Crisoux Moqueur ]
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MessageSujet: Re: Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]   

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Des feuilles victorieuses à l'arrière goût amer [ Griffe Ensanglantée et LIBRE COLLECTIF ]

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